Saint-Hubert: après son double meurtre, "Sylvain Schmitz était très calme"

Le jeune homme de 19 ans a tué son ex et le père de celle-ci avant de retourner l’arme contre lui.

Nadia Lallemant
Saint-Hubert: après son double meurtre, "Sylvain Schmitz était très calme"
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Le jeune homme de 19 ans a tué son ex et le père de celle-ci avant de retourner l’arme contre lui.

Un drame a secoué le paisible village de Wideumont, près de Libramont, dimanche soir. Sylvain Schmitz, 19 ans, d’Hatrival (Saint-Hubert), a tué par balle Camille Maquet, 16 ans, son ancienne petite amie, et Thierry Maquet, 53 ans, un exploitant forestier, le père de celle-ci.

Malgré son immense chagrin, Edith Derdeyn, épouse de Thierry et maman de Camille, a accepté de témoigner. "L’ancien petit ami de ma fille aînée leur a tendu une embuscade", explique-t-elle. "Il les attendait dans le garage. Il a ouvert le feu, avec un revolver, quand mon mari et nos filles, de retour d’une balade en quad, y sont entrés, vers 21 heures. La cadette, Alexandra, âgée de 12 ans, s’est protégée et a réussi à s’échapper."

La mère de famille, qui se trouvait dans l’habitation située à quelques mètres du garage, n’a pas entendu les coups de feu. "Alexandra, très effrayée par ce qu’elle avait vu, est rentrée en courant dans la maison. Elle m’a dit avoir reconnu l’ancien petit ami de sa sœur." De retour à son domicile, à vélo, Sylvain Schmitz s’est tiré une balle dans la tête au moment où la police a tenté de l’intercepter. Il a été transporté dans un état grave à Centre Hospitalier de l’Ardenne à Libramont. Lundi soir, il était toujours dans un état critique. "Ils se sont séparés il y a 18 mois", se souvient Edith Derdeyn, infirmière à Bertrix.

"Il était très exclusif et possessif avec ma fille. Elle a mis un terme à cette relation car elle n’acceptait plus qu’il l’isole de son entourage. Cela dit, il n’a jamais été violent avec elle." La mère de famille poursuit en disant qu’il a pété les plombs, pour une raison qui lui échappe. "Son père avait prévenu la police qu’il avait dressé une liste des gens à abattre", complète-t-elle.

La police de la zone Centre Ardenne et le parquet du Luxembourg ont été avisés des faits vers 21h30. Le laboratoire, un médecin légiste, un expert en balistique et le bourgmestre de Libramont Pierre Arnould se sont rendus sur les lieux du drame.

"Après le double meurtre, il était très calme"

Après avoir tué Thierry et Camille Maquet, Sylvain Schmitz est rentré chez lui, à vélo. "Je l’ai croisé à proximité de mon domicile, à Vesqueville, dimanche vers 23 heures" , se souvient Pierre Henneaux, bourgmestre FF de Saint-Hubert. "Il semblait être de retour d’une balade à VTT, avec son sac à dos. Il était très calme. Il m’a dit bonsoir et a continué sa route. Ses parents sont séparés. Il habite avec son père, concierge de l’aérodrome militaire de Saint-Hubert."

Vers minuit, Pierre Henneaux a été réveillé par Stéphane Thiry, le responsable des pompiers de Marche-en-Famenne. "Il m’a averti qu’une tentative de suicide venait de se produire chez Henry Schmitz. Son fils avait tenté de mettre fin à ses jours en se tirant une balle dans la tête. Comme il n’était pas décédé sur place, je ne me suis pas rendu sur les lieux."

Le lendemain, le bourgmestre FF a été abasourdi d’apprendre ce qu’il s’était passé. "J’ai pris connaissance des faits avec beaucoup de tristesse et d’incompréhension. En effet, je ne comprends pas pourquoi il a tué son ancienne petite amie dont il était séparé depuis plus d’un an. Je me demande quel a été l’élément déclencheur."

Dans la commune de Saint-Hubert, Sylvain Schmitz était connu comme un jeune homme au grand cœur, pas comme un délinquant. "Il a été en classe avec ma fille. En février dernier, il avait décidé de faire le tour du monde à pied. Son périple s’était arrêté en Allemagne car il s’était blessé au genou. Il voulait créer à son retour une association pour aider les personnes dans le besoin."

Pierre Henneaux adresse ses condoléances à la famille Maquet.