Carrière : "Une décision honteuse"

Les opposants au projet envisagent déjà un recours au Conseil d’Etat.

Marie Adam
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Le comité régional anti-carrière (CRAC) a reçu un coup sur la tête en apprenant que le ministre wallon de l’Aménagement du Territoire Carlo Di Antonio avait accordé, en début de semaine, le permis unique permettant l’ouverture et l’exploitation d’une nouvelle carrière à Florennes par le groupe Carmeuse.

Parmi ses membres actifs, il y a Didier Balle, un agriculteur dont les terres sont voisines du site à Hemptinne. "Vingt hectares m’appartenant vont être condamnés à cause de cette activité. Je ne suis pas le seul. Quinze fermiers sont confrontés au même problème, explique Didier Balle. Personnellement, j’occupe la ferme depuis plus de 20 ans et je n’ai aucune intention de partir."

Le comité ne comprend pas la décision du ministre alors qu’il y a déjà deux autres carrières en activité dans le coin. "Il y a aussi des signes prouvant que cette activité est néfaste pour l’environnement. Il y a des effondrements karstiques, les nappes d’eau s’assèchent. Cette décision est honteuse."

Le projet a été lancé en 1990 et ce n’est qu’en 2011 que la révision du plan de secteur a été approuvée par le gouvernement wallon. Tout au long de la procédure, les citoyens se sont mobilisés contre cette carrière. Ils ont émis plusieurs remarques, prises en compte dans la décision finale.

Des conditions contraignantes

L’octroi du permis est en effet lié à une série de conditions contraignantes. La matière première devra être évacuée par la voie ferrée, et non par la route, pour éviter que les villages soient envahis de camions. Les émissions de poussière seront contrôlées de manière permanente afin de s’assurer que la santé des riverains n’est pas mise en danger. La durée d’extraction est également limitée. Aucune activité n’est permise entre 22 h et 6 h, ainsi que les week-ends et les jours fériés.

Le ministre tient à ce qu’un dialogue soit maintenu entre les exploitants, les représentants politiques locaux et les habitants. Un comité d’accompagnement a été mis en place pour assurer une bonne circulation de l’information.

Néanmoins, les opposants ne comptent pas baisser les bras. "Nous allons analyser la décision avant d’envisager un recours au Conseil d’Etat. Nous n’avons plus rien à perdre et on ira jusqu’au bout", termine Didier Balle.