La Roche-en-Ardenne : Le double assassinat des Suédoises élucidé 30 ans après ?

Michèle Mons delle Roche, procureur du Roi honoraire, fait des révélations sur les suites de l’enquête.

nadia lallemant
La Roche-en-Ardenne : Le double assassinat des Suédoises élucidé 30 ans après ?
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Michèle Mons delle Roche, procureur du Roi honoraire, fait des révélations sur les suites de l’enquête.

Le 8 mai 1980, les corps sans vie de deux jeunes Suédoises, Ann-Louise Jönsson, 19 ans, et Gun Johannesson, 18 ans, tuées par balles, étaient découverts par un bûcheron dans le Bois Saint-Jean, entre La Baraque de Fraiture et Samrée (La Roche-en-Ardenne). Un double assassinat jamais élucidé.

Plus de trente ans après les faits, Michèle Mons delle Roche, procureur du Roi Honoraire, revient sur ce dramatique fait divers qui avait bouleversé la province de Luxembourg. Elle révèle qu’elle a acquis la conviction que Koos Hertogs, le tueur en série surnommé le « Dutroux hollandais », aujourd’hui décédé, est bien l’auteur des faits. « En 2010, Koos Hertogs, interrogé en caméra cachée pour une émission télévisée néerlandaise, a prétendu qu’il savait qui avait tué les deux jeunes Suédoises », se souvient-elle. «Ce suspect avait déjà été entendu, à deux reprises, par des policiers belges, mais avait toujours nié. J’ai voulu, malgré la prescription, poursuivre l’enquête pour permettre aux familles de connaître la vérité. »

En avril 2010, quelques mois avant d’être admise à la pension anticipée, la Procureur du Roi reçoit l’autorisation, du parquet général, de continuer l’enquête. « J’ai provoqué une réunion au parquet général à Bruxelles », poursuit-elle. « Les policiers néerlandais m’ont appris que Hertogs connaissait, en fait, très bien ces jeunes filles. Il avait fait la fête avec elles, un an auparavant, dans son appartement en Espagne. La veille de leur décès, elles ont posté une carte postale, à La Haye, en face du café où il était sorteur. Il travaillait aussi comme transporteur international et transitait de temps à autre par la Belgique. »

Michèle Mons Delle Roche précise, par ailleurs, que le psychopathe, détenu dans l’aile psychiatrique d’une prison aux Pays-Bas, avait avoué dix meurtres de jeunes filles aux enquêteurs mais que trois d’entre elles n’avaient pu être identifiées. « Tout ce que j’ai appris, en 2010, m’a donné la conviction qu’il est bien l’auteur du double assassinat même si je n’ai pas de preuves matérielles », affirme-t-elle. « En effet, l’enquête s’est arrêtée quand j’ai quitté mes fonctions. Mon successeur a refusé de lancer une commission rogatoire internationale. »