Nicolas (26 ans) poignardé sur le parking d’un restaurant à Gembloux: 18 ans de prison pour Thomas Stampetta

Thomas Stampetta a été condamné mardi à 18 ans de prison pour le meurtre de Nicolas Decamps.

Belga
Nicolas (26 ans) poignardé sur le parking d’un restaurant à Gembloux: 18 ans de prison pour Thomas Stampetta
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Thomas Stampetta (24 ans) a été condamné mardi par le tribunal correctionnel de Namur à 18 ans de prison pour le meurtre de Nicolas Decamps (26 ans), commis devant une brasserie de Beuzet (Gembloux) le 6 septembre 2015. Le prévenu et la victime, un Binchois de 26 ans, faisaient partie de groupes d'amis distincts. Ils ne se connaissaient pas. Pendant la soirée, Thomas Stampetta s'est montré arrogant et agressif à l'égard de plusieurs clients du restaurant, sans raison apparente, selon divers témoins. Juste avant les faits, un panier garni à la main, il est sorti violemment du restaurant en donnant un coup de pied dans la porte. Les personnes qui se trouvaient dehors pour fumer, dont la victime, se sont tournées vers lui, surprises, ce qui aurait suffi à l'énerver.

"Ne fais pas le malin, je vais te planter", a-t-il dit à la victime, toujours d'après les témoins. Le prévenu assène alors un coup de pied à Nicolas Decamps, qui réplique par un coup de poing. Quelques instants plus tard, Nicolas Decamps meurt d'une plaie de 7 à 8 cm dans le cadran supérieur gauche du thorax, perpétrée avec un couteau à steak du restaurant. Atteint au cœur, le jeune homme est décédé en une ou deux minutes, selon les explications du médecin légiste devant le tribunal.

Tous les témoins désignent Thomas Stampetta comme l'auteur du coup de couteau, mais celui-ci assure n'en avoir aucun souvenir.

Dans son réquisitoire, la substitute qui avait requis trente ans de prison, avait mis en avant les déclarations contradictoires, ou du moins variables au fil du temps, du prévenu, jugeant opportuniste sa prétendue amnésie quant au coup de couteau fatal. "Il se souvient bien de l'heure précise de son arrivée au restaurant, de ce qu'il a bu, d'avoir changé son véhicule de place, d'avoir volé le couteau, d'avoir aidé des personnes âgées, d'avoir payé plus que les autres au moment de l'addition finale, ...", avait ainsi relevé Audrey Seminara. La substitute avait par ailleurs demandé le requalification des faits en assassinat, estimant que l'attitude de jeune homme le soir des faits témoignait d'une préméditation. Une demande que le tribunal n'a finalement retenue, aucun élément ne permettant de prouver que le prévenu avait prémédité son geste.

"Très peu de temps s'est passé entre la prise à partie et le coup de couteau", a déclaré le président. Dû à la nature et la dangerosité de l'arme utilisée, de la partie du corps visée, de la violence des coups portés "quasiment à fond de lame", ainsi que la résolution criminelle démontrée par le prévenu, la prévention de meurtre a été établie. Le vol du couteau à steak et l'utilisation de ce dernier comme arme de crime font également partie des préventions retenues à l'égard de Thomas Stampetta. En revanche, les menaces par geste liées à la conduite dangereuse du prévenu peu avant de prendre la fuite n'ont pas été retenues.

Pour chiffrer la peine, le tribunal a eu égard notamment de la nature et de l'extrême gravité des faits, de la violence gratuite ayant engendré la mort de Nicolas et ce, au départ de futilités, des lourds dommages causés, des antécédents judiciaires du prévenu, de son expertise mentale ainsi que du jeune âge de l'intéressé.

Au civil, Thomas Stampetta est condamné à indemniser les membres de la famille de la victime qui s'étaient constitués partie civile, dont le père, la mère, la grand-mère, la fiancée de Nicolas Decamps ainsi que son parrain. Le contexte, le jeune âge de la victime ainsi que le caractère soudain de la disparition de Nicolas, ont notamment été pris en compte.