"Le Domaine de Chevetogne doit-il mourir ?"

Le directeur Bruno Belvaux fustige la majorité provinciale qui exige que le Domaine diminue ses dépenses.

"Le Domaine de Chevetogne doit-il mourir ?"

La Province trouve le coût d’exploitation du Domaine de Chevetogne trop élevé et cela fait sortir le directeur Bruno Belvaux de ses gonds. "Pour rappel, il coûte aux citoyens 4,2 millions d’euros après recettes (2,2 millions par an) sur un budget provincial global de 150.000.000 d’euros", précise-t-il. "La majorité exige de Chevetogne un ratio recettes/dépenses moins défavorable. Le domaine a proposé un nouveau système de tarification prévoyant de légères hausses qui impacteraient surtout les touristes étrangers à la Province de Namur. Celui-ci a été refusé ! La majorité exige que nous retrouvions ces montants à l’intérieur de nos dépenses. C’est une vue de l’esprit et c’est irréaliste ! Il n’y a pas à Chevetogne de dépenses dispendieuses liées à un train de vie somptuaire comme dans certaines intercommunales qui ont fait l’actualité !"

Chevetogne revendique être la première plus-value que la Province offre à chacun de ses citoyens. "Nous apportons chaque année à 400.000 visiteurs, dont 50 % de Namurois, un loisir de qualité pour un prix qui reste le plus démocratique du marché. Nous enseignons le vivre ensemble et la société plurielle. Avec ses zones humides et ses forêts intégrales, Chevetogne est un réservoir de biodiversité. Avec son éolienne et ses panneaux photovoltaïques, le domaine produit 40 % de son électricité et dans un délai de quatre ans, ce sera 100 %."

Économiquement, on parle de 20 % de plus-value pour les commerces de la zone grâce à la présence du domaine. "Entre 75 et 120 personnes y travaillent. Une partie des 40 % de la masse salariale de 5.000.000 euros (soit 2.000.000 euros) retourne vers le Fond des Provinces. Le domaine fait vivre 50 personnes du secteur privé qui travaillent directement dans le parc, au Manège ou dans un des restaurants. Il existe une centaine de gîtes qui vivent en partie grâce à l’attrait touristique que représente le domaine. Diminuer nos moyens aujourd’hui, c’est toucher au cœur de l’outil. Et si la qualité du parc diminue, le public le désertera."

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