La police dinantaise critiquée : " De héros, nous sommes redevenus de simples policiers"

Sur les réseaux sociaux, certains citoyens ne se cachent même plus en attaquant les forces de l’ordre avec des mots, des phrases qui font mal. Ils leur reprochent d’être tantôt trop stricts, tantôt trop laxistes… deux extrêmes.

La police dinantaise critiquée : " De héros, nous sommes redevenus de simples policiers"

Adulés au début de la pandémie, conspués aujourd’hui. Les policiers n’ont pas toujours le bon rôle lorsqu’ils appliquent la loi. "On nous avait offert des kilos de chocolat, l’an passé, à Pâques. De héros, nous sommes redevenus de simples policiers. Depuis l’affaire Georges Floyd, ce sentiment de défiance vis-à-vis du policier a gagné notre pays. Ce n’est pas propre à Dinant", commente le commissaire Bernard Dehon, de la Police locale Haute-Meuse.

Ces derniers jours à Dinant, on a comme l’impression que le "flic" passe mal en Ville. Il a une mauvaise image. Car sur les réseaux sociaux, certains citoyens ne se cachent même plus en attaquant les forces de l’ordre avec des mots, des phrases qui font mal. Ils leur reprochent d’être tantôt trop stricts, tantôt trop laxistes… deux extrêmes.

"Me concernant, je ne prête pas trop attention à ce qui se dit sur la toile. Ce n’est pas très révélateur de la moyenne de gens qui s’expriment en ville. A Dinant, nous avons plus de félicitations que de plainte. Ceux qui alimentent la polémique le font sans doute par intérêt. Instrumentaliser la police à des fins politiques, je ne vois que ça… Et puis, il n’y a qu’à Dinant que certains se plaignent. Les autres communes de la Zone de police, on n’entend rien. Pourtant, ce sont les mêmes agents qui font leur boulot", ajoute-t-il.

Un point sur lequel le commissaire est d’accord reste celui concernant la communication. Dans ce domaine, il y avait -et il y a- moyen de mieux faire. Les citoyens sont trop souvent perdus, avec tous ces changements de règles. La police aussi… "Je comprends les citoyens qui sont déstabilisés. C’est la catastrophe, en effet. Ça commence au-dessus de nous, au niveau politique. Ça ne nous aide pas. Ils annoncent de nouvelles mesures à la télévision le vendredi et on nous les balance souvent le vendredi soir ou le week-end. Ce n’est pas toujours évident de briefer tous les services, même si on reçoit des fiches spéciales éditées par la Police Fédérale", conclut-il. Vous l’avez compris : si ce malaise général, ce sentiment de défiance vis-à-vis des policiers a tendance à se banaliser sur les réseaux sociaux, la réalité du terrain semble quand même être différente. Du moins, dans l’arrondissement de Dinant.

L.T.