"En 20 minutes, on a pris un mètre d’eau"

Durbuy n’a pas échappé aux inondations.

"En 20 minutes, on a pris un mètre d’eau"
©BELGA
N.P.

Jeudi matin, l’Ourthe a progressivement envahi une partie des rues, donnant à la vieille ville des airs de forteresse assiégée par les flots. La situation est telle que les hôtels ont dû évacuer leur clientèle. Une catastrophe pour un secteur déjà malmené par la crise sanitaire.

Employé dans un hôtel-restaurant du centre-ville, Fabian Collignon a assisté au désastre. Chez lui d’abord, puis sur son lieu de travail à Durbuy. "J’habite à Barvaux, à proximité de la rivière, explique-t-il. On nous a fait évacuer ce matin vers 6 h 30 car l’Ourthe était sortie de son lit. Il a fallu partir en bateau avec les pompiers."

Fabian n’était pas au bout de ses peines. "Quand je suis arrivé ce matin au restaurant, ça allait encore. On a d’abord sauvé le mobilier, ensuite l’eau a commencé à entrer dans le restaurant, explique-t-il. Puis en 30 minutes seulement, les terrasses se sont retrouvées sous eau, il y avait un mètre d’eau à l’intérieur, une trentaine de centimètres derrière le comptoir, dans les cuisines. Et encore, l’établissement se trouve dans la partie haute de la place. En 20 minutes seulement, on a pris un mètre d’eau !"

L’hôtel n’affichait pas complet. Parmi les occupants figuraient quelques personnes évacuées la veille de leur camping. "Ces gens sont arrivés hier soir en urgence, poursuit Fabian. Et ce matin, il a fallu évacuer tout le monde. Il n’y avait plus de courant, tout était perdu. Les gens ont dû sortir du bâtiment par l’arrière."

Les pertes matérielles et financières s’annoncent colossales. "On a sauvé ce qu’on a pu. C’est une catastrophe. Le frigo, les marchandises… tout est noyé. Tout est perdu."

C’est la première fois depuis l’édification des murs anti-crue que la vieille ville de Durbuy se retrouve sous eau. "Il n’y a plus personne nulle part. Je n’ai jamais vu ça, témoigne Fabian. Et encore, je ne suis pas le gérant. Je plains vraiment les gens touchés dans leur privé. Quand tu dois partir en 30 minutes en laissant tout derrière toi, c’est une panique."

Sur le même sujet