Maxime Prévot défend le maintien de la tortue de Jan Fabre à Namur: "Le tribunal n'a pas condamné une œuvre mais le comportement d'un homme"

"Ce n'est pas en déboulonnant" la tortue de Jan Fabre installée à la Citadelle de Namur que l'on "va faire progresser la cause de la lutte contre les violences faites aux femmes", a estimé dimanche le bourgmestre de la ville et président des Engagés, dans le cadre de l'émission de télévision "C'est pas tous les jours dimanche" (RTL-TVi).

Maxime Prévot défend le maintien de la tortue de Jan Fabre à Namur: "Le tribunal n'a pas condamné une œuvre mais le comportement d'un homme"
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Face aux critiques d'un nouveau collectif féministe namurois, rassemblé sous le nom "BADASS", Maxime Prévot a défendu la décision de sa ville de ne pas déplacer ou retirer la statue. Namur a en revanche choisi d'y ajouter un panneau explicatif ainsi qu'un bandeau, pour une durée de 18 mois correspondant à la condamnation de l'artiste, placé sur les yeux de la personne représentée chevauchant la fameuse tortue. Cette personne n'est autre que Jan Fabre lui-même.

Maxime Prévot défend le maintien de la tortue de Jan Fabre à Namur: "Le tribunal n'a pas condamné une œuvre mais le comportement d'un homme"
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"Le tribunal n'a pas condamné une œuvre d'art mais le comportement grave et problématique d'un homme", indique le bourgmestre de Namur dimanche.

Les pouvoirs locaux ont tenté de tenir compte de "la diversité de sensibilités exprimées", assure le président des Engagés. Tout en marquant un "acte symbolique" qui s'inspire de ce qui a été décidé dans d'autres lieux autour d'œuvres de Jan Fabre, au parlement flamand par exemple, ou dans l'escalier des Musées royaux des Beaux-Arts où des panneaux décorés par l'artiste ne seront plus éclairés pendant 18 mois.

La tortue de la Citadelle, placée bien en vue, est prisée des touristes et photographes. "Une grande partie des gens qui la photographient ignorent qui est la personne qui la chevauche, c'est pour ça que nous avons décidé de placer un panneau didactique", précise Maxime Prévot. Bouger ou décomposer la statue, comme le suggèrent certains habitants, ne serait pas simple, car l'artiste conserve ses droits moraux et donc son mot à dire sur la manière dont son œuvre est exposée, où elle est placée, etc. L'ajout du bandeau est d'ailleurs déjà "un peu borderline", reconnait le bourgmestre.

Face à lui sur le plateau de RTL-TVi, une représentante du collectif féministe, Marion Kinoo, a regretté que la tortue chevauchée reste "valorisée à ce point" dans un lieu public et en vue, "sous le drapeau de la ville".

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