Le député fédéral et bourgmestre d'Attert Josy Arens et le député régional et communautaire Dimitri Fourny jouent plus que jamais l'alliance. Objectif: faire gagner le Luxembourg dans tous les domaines. Trois mille jours de vie parlementaire, cela s'épingle. Surtout lorsque cela rime avec la rentrée de la Chambre et du Sénat. Et que se profilent des élections communales qui sont aussi un enjeu de taille. Josy Arens n'a pas raté cette occasion pour présenter à la presse, dans son bon village d'Attert, ses dossiers chauds de la rentrée. Et, s'il l'a fait avec son comparse Dimitri Fourny, député régional de la circonscription de Neufchâteau-Virton, c'est parce que ces deux élus CDH vivent une parfaite collaboration, dans une complémentarité évidente. Selon les deux hommes, si l'été a été chaud, voire brûlant, du fait du dossier du fonds transfrontalier, l'automne et l'hiver s'annoncent, eux aussi, bouillants par rapport à certains dossiers. Et d'épingler d'abord celui de la démocratie locale. «D'accord pour modifier ce qui est à améliorer, explique Josy Arens, mais toucher au mode d'élection des bourgmestres et créer ainsi un mécanisme de concurrence est très malsain en termes de démocratie et de fonctionnement.» Et Dimitri Fourny de préciser: «Le projet compte plusieurs bonnes choses. La pierre d'achoppement, c'est le mode d'élection des bourgmestres; car la réforme, si elle devait être votée ainsi, entraînerait une course au vedettariat plutôt que de reposer sur la compétence. La démission de Marc Wilmots au Sénat est une illustration de cette dérive.»

En ce qui concerne le plan Marshall wallon, les deux comparses s'affichent satisfaits. Ils estiment que c'est une chance, entre autres grâce aux zones franches, de rendre le développement économique très attractif. Pour le Luxembourg, c'est tout le centre de la province qui devrait ainsi être redynamisé. «Mais nous aurons besoin de l'aide de Josy Arens au fédéral, note l'élu régional, car il faudra des mesures fiscales fédérales complémentaires, comme la baisse de l'impôt sur les sociétés.» S'il est, dans la province, un dossier d'actualité, pour tous les partis, d'ailleurs, c'est celui des hôpitaux, avec la nécessaire restructuration et l'entente entre les trois intercommunales des soins de santé. Pour l'épineuse question de la chirurgie cardiaque à la clinique d'Arlon, J. Arens et D. Fourny continuent à revendiquer que les patients puissent être opérés à Arlon en bénéficiant des remboursements: «C'est d'autant plus grave lorsqu'ils sont intransportables. Il y a un lobby universitaire, en particulier de Mont-Godinne. Pour l'aspect plus général du dossier, il faut d'abord définir des bassins de soins avec des types de compétences pour chaque hôpital. Et il faut surtout d'abord s'entendre entre nous et lever les tabous entre personnes, sinon nous risquons de le payer très cher.» Enfin, autre affaire qui tient fort à coeur à Josy Arens, la déductibilité fiscale des frais de logement des étudiants. Il y a, à ce sujet, deux propositions de loi (l'une du VLD, l'autre de Josy Arens). Mais le député-bourgmestre s'étonne du gouffre qui sépare les estimations fiscales de la Cour des comptes de celles, bien plus modestes, du ministre des Finances, Didier Reynders. Un premier point à éclaircir avant de continuer la lutte. S'il est une problématique qui fonde depuis toujours l'action de Josy Arens (et de tous les autres mandataires luxembourgeois, il faut le préciser), c'est celle de la desserte ferroviaire de la province, en particulier de l'axe Bruxelles-Namur-Arlon-Luxembourg. Une action tout à fait fondée lorsqu'on sait qu'il faut aujourd'hui bien plus de temps que lors de l'immédiat après Seconde Guerre mondiale pour parcourir la plus longue ligne de la SNCB.

Le député-bourgmestre attendait manifestement beaucoup des éventuels partenariats public-privé pour obtenir enfin la modernisation de cette ligne à laquelle le grand-duché du Luxembourg est d'ailleurs prêt à participer. C'est «La Libre» du 27 septembre (p.12) qui a apporté la réponse à M. Arens, puisque nous avons révélé que le holding SNCB n'est plus guère convaincu de l'utilité de ces partenariats.

© La Libre Belgique 2005