Les choses n'auront décidément pas traîné : le 4 septembre, le député provincial à l'Economie et au Tourisme, René Collin, accompagné par le président de l'intercommunale Idelux, légalement député provincial, Daniel Ledent, et par des représentants de la Chambre de commerce et d'industrie du Luxembourg belge (CCILB), rendait visite à l'entreprise campanile Campa, à Tellin. La délégation était aussi reçue par les autorités de la cité, par les descendants des fondeurs de cloches Causard-Slégers et par les responsables du musée de la Cloche, car tout ce petit monde travaille à un projet commun, touristiquement très porteur et qui peut aussi fédérer la plupart des opérateurs provinciaux.

Si les choses n'ont pas traîné, c'est parce que ce projet est aujourd'hui repris dans ceux qu'Idelux a inscrits dans l'objectif "Compétitivité régionale et emploi", qui donne accès à un financement de l'Union européenne et de la Région wallonne.

Ce projet est de donner à Tellin son identité de "Village de la cloche". Pourquoi ? Si Campa, entreprise créée en 1988, fait tinter aux quatre coins du monde le renom campanaire de Tellin, ce renom avait déjà été forgé par la fonderie Causard-Slégers, de 1832 à 1970. La fonderie et le musée proche témoignent de la vigueur de cette tradition.

Route de la cloche

Tout l'intérêt du projet est de faire de ce passé et de ce présent campanaire un attrait touristique majeur en créant une "route de la cloche" qui, du clocher témoin à la fonderie et au musée, relierait ainsi le passé au présent, même s'il n'y a plus d'activité de fonderie à Tellin.

Le projet a déjà été très étudié mais était à l'arrêt jusqu'à la visite. Laquelle a permis de convaincre, puis de rentrer dans le concret. Il y a de quoi. L'histoire campanaire commence à Tellin dès 1832, avec la coulée d'une cloche au pied du clocher par le fondeur itinérant Charles Causard. Lequel s'installe dans le village, dans une ancienne fonderie de fer qu'il a acquise et où il développe son art. Il sera ainsi l'artisan de départ de quatre générations de maîtres fondeurs, la famille Causard-Slegers. Cette industrie prospère durant près de 140 ans et acquiert une renommée universelle qui donne au village son identité campanaire. Le décès, en 1970, du dernier fondeur, Georges Slegers, provoque la fin des activités. La fille de ce fondeur et ses deux fils perpétuent l'esprit de la fonderie, classée comme monument depuis 1994, mais qui a d'urgence besoin d'une rénovation.

L'idée de créer un musée, elle, est lancée suite à la visite, en 1989, du roi Baudouin et de la reine Fabiola à l'ancienne fonderie et chez Campa. Ce musée est ouvert en 1992, avec la collaboration de Campa, qui possède de nombreuses pièces de l'ancienne fonderie Sergheys et d'autres matériels anciens, et par l'apport de divers objets, dont une splendide collection de coqs de clochers, mis en dépôt par des particuliers. La fonderie accueille en moyenne mille visiteurs par an, et le musée 3 500.

Reste que ce patrimoine n'est pas suffisamment exploité aux niveaux touristique et culturel. D'où le projet, auquel Campa s'associerait par un partenariat public-privé et qui comporte la création d'un itinéraire au départ de la place de l'église (lieu de la coulée de la première cloche) en passant ensuite par la fonderie puis par environ douze "stations", en terminant par le musée de la Cloche. Chaque station serait matérialisée par un panneau didactique sur les multiples utilisations de la cloche. Soit un parcours de deux heures adapté à tous les publics. L'investissement total, prévu en trois phases, est de 868000 euros. L'inscription de ce projet dans l'objectif "Compétitivité régionale et emploi" le met maintenant sur les rails de la réalisation.