Le conseil communal de Ciney de lundi soir fut important à plus d’un titre pour les commerçants et autres acteurs économiques cinaciens. À l’ordre du jour, une série de points relatifs à des taxes communales.

Parmi ceux-ci : le vote d’une redevance communale annuelle pour l’exploitation sur la voie publique de terrasses au moyen de tables, chaises, bancs, échoppes, étales, marchandises et autres objets quelconques (durée d’occupation de minimum 60 jours) de 30 €/an et m² de superficie autour de la place Monseu et 15/an et m² de superficie dans la ville de Ciney hors place Monseu. Soit une augmentation de 66 % qui prendra effet à l’exercice 2020 jusqu’en 2025. "Le directeur financier de la commune est venu nous voir en nous disant que la situation ne serait pas tenable à long terme alors qu’on n’a pas encore réalisé de grosses dépenses", explique l’échevine du Commerce Anne Pirson. "On a notamment des investissements pour un montant de 8 000 000 € prévu par l’ancienne législature qui n’étaient pas tout à fait finalisés. Désormais, on va devoir rembourser le prêt, ce qui équivaut à 400 000 €/an. Avec l’augmentation des pensions, le tax shift et le fait qu’on va devoir prendre à notre charge dès 2020 six emplois PTP (programme transition professionnelle) qui représenteront une hausse de 84 000 €/an, on cherchait des rentrées supplémentaires."

Une situation que regrette l’opposition

Le collège s’est alors tourné vers les terrasses des établissements Horeca (mais pas uniquement, lire ci-contre.) "On a regardé ce qu’il se faisait ailleurs et on a vu que ça tournait aux alentours des 30 €/m² et que Ciney était jusqu’alors en dessous. Les établissements de la place Monseu bénéficient toute l’année des divers événements, il était logique qu’ils participent à l’effort collectif", poursuit Anne Pirson qui précise respecter les engagements d’ICI. "Notre premier était de ne pas augmenter la taxe foncière et l’IPP et ça, on n’y touche pas."

Une situation que regrette l’opposition mais aussi d’autres acteurs politiques cinaciens comme l’ancien président d’ICI, Julien Delchambre. "Cette augmentation sèche, non progressive et de l’ordre de 66 % est totalement aberrante. La décision aura sans conteste une répercussion sur la clientèle : répercussion sur les prix, nombre de terrasses en nette diminution et nombre de tables par terrasse drastiquement limité."

Nouvelles taxes et augmentations à Ciney

Quatre nouvelles taxes ont été votées ce lundi soir lors du conseil communal : sur les dépôts de terre à partir de 400 m3, sur les cannabis-shop qui veulent s’installer, une taxe de séjour pour les gîtes, hôtels et chambres d’hôtes en fonction du nombre de personnes que l’établissement peut accueillir et une dernière sur les kots. Par ailleurs, treize autres taxes ont fait l’objet d’une augmentation. L’échevin des Finances Gaëtan Gérard a cependant tenu à nuancer ces augmentations en précisant que pour certaines, il s’agissait de modulations. "Pour les autres, hormis la redevance sur les sépultures, elles ne touchent pas directement le citoyen cinacien. On a par exemple augmenté la taxe sur l’absence de place de parking quand un promoteur fait construire, celle sur les panneaux d’affichage et publicitaires, sur les cercles privés et les night shop mais on n’en a pas à Ciney, sur les secondes résidences, sur les tarifs de location de salles d’école ou encore sur les déchets sauvages, lorsqu’une personne est identifiée et que la commune doit intervenir pour évacuer les déchets."

La Région veut le respect des règles

Dinant Les commerçants du boulevard Sasserath seront-ils bientôt amputés de leur terrasse (ou d’une partie pour certains) ? Cela pourrait bien être le cas dès la prochaine saison touristique. En effet, les terrasses situées sur le trottoir poseraient problème à la Région wallonne, propriétaire des lieux. Un courrier a été envoyé à la Ville de Dinant rappelant qu’un accès libre pour les piétons d’1,5 m devait être laissé pour permettre aux gens de circuler. Une largeur non respectée une fois les terrasses installées. "On a reçu cet été plusieurs signaux officieux et officiels de la part de la Région wallonne indiquant que le cheminement des piétons n’était pas assuré à cause de tables, parasols ou pots de fleurs. Il est important de rappeler que la Région est propriétaire de tout l’espace qui se situe entre les immeubles et la Meuse", explique le bourgmestre Axel Tixhon.

Suite à ces "avertissements", la Ville a demandé aux cafetiers et restaurateurs concernés de respecter les règles, en vain. "Désormais, la Région évoque simplement sa volonté d’interdire les terrasses sur le trottoir." Une situation que comprennent les autorités dinantaises. "Ils sont chez eux et on ne peut pas leur donner tort."

Le bourgmestre dinantais a néanmoins pris les devants en répondant à l’autorité wallonne. "On a demandé officiellement une autorisation pour continuer à exploiter le trottoir en 2020. On ne nous a pas encore répondu officiellement mais des messages qu’on a reçus, on nous dit qu’il y a peu de chances que cela soit accordé… Le plus embêtant serait pour les établissements qui n’ont pas de terrasses sur la Croisette. On étudie une possible augmentation de l’exploitation de l’espace sur l’encorbellement."