Namur-Luxembourg

L’ambition (du gouvernement wallon en matière de développement et de production d’énergie renouvelable) ne se réalisera pas sans un développement conséquent de l’éolien onshore (à l’intérieur du pays, NdlR), qui nécessite la prise en compte sérieuse des contraintes particulières qu’il pose et l’implication ainsi que la participation déterminante des acteurs locaux : collectivités et citoyens organisés. En tant que coopérative, en tant qu’associations locales, en tant que futurs riverains des parcs, nous sommes convaincus qu’il est possible de créer l’équilibre vertueux entre, d’une part, le développement local et, d’autre part, la protection de l’environnement, y compris la biodiversité, ainsi que le cadre de vie, y compris la valeur paysagère. Nous croyons que le développement de l’éolien en Wallonie nous donne une occasion historique de réconcilier les quatre dimensions du développement local durable : l’économie, le social, l’ancrage et l’intégration locale ainsi que l’environnement. C’est pourquoi, à la condition que cet équilibre soit respecté, nous pouvons résolument affirmer notre soutien au développement des énergies renouvelables en général et à l’implantation des parcs éoliens sur notre territoire".

Le message est on ne peut plus clair : oui à l’implantation de parcs éoliens, mais à la condition impérative que soit respectée la volonté des citoyens - de plus en plus manifestée par la création de coopératives et associations - d’y être associés via des partenariats privé-public (communes) - citoyen. Et que cette participation citoyenne soit significative et obligatoire. Ce message a été porté lundi aux divers ministres wallons compétents en matière d’Energie, sous forme d’une lettre ouverte cosignée par la coopérative Lucéole et les mouvements "Vents du Sud" (Arlon et environs), "éoliens" (Fauvillers), "Meix-Energies" (Meix), et deux mouvements en formation, l’un à Tintigny et l’autre à Virton. Soit des mouvements représentatifs du centre et du sud de la province de Luxembourg. "Des contacts sont en cours avec des personnes dans le nord de la province, mais il n’y a encore là aucune association ou coopérative clairement constituée, d’où leur absence parmi les signataires", a indiqué le président de Lucéole, Michel Dolmans.

Cette lettre ouverte, disponible sur le site Internet www.luceole.be, présenté hier par la même occasion, lors d’une conférence de presse, ne tombe pas maintenant par hasard. Que du contraire, elle entend mettre la pression sur le gouvernement wallon alors que celui-ci débat du nouveau cadre de référence pour l’implantation d’éoliennes en Wallonie. Les signataires remarquent que, si certaines communes, telle celle d’Habay, s’engagent résolument dans la voie de l’éolien public et citoyen (à Habay, c’est en effet la commune, appuyée par les citoyens, qui a obtenu que les deux producteurs encore en lice acceptent une participation publique et citoyenne de 50 %), d’autres restent indifférentes et d’autres encore, comme Arlon, s’y opposent. Dès lors, les signataires estiment que, "dès à présent, il ne devrait plus être possible, en Wallonie, de délivrer des permis pour des parcs éoliens qui ne prévoient pas un niveau significatif de participation citoyenne indépendante".

Cette participation, qui s’ajoute donc à celle du public, devrait "en tout cas être au-delà de 25 %, quelle que soit l’attitude du pouvoir local". Et de résumer les attentes en trois points. D’abord "d’appliquer un moratoire sur les permis introduits par des développeurs éoliens qui n’auraient pas négocié une prise de participation citoyenne significative et indépendante". Ensuite "d’adresser un message clair, fort et audible aux citoyens de notre province afin qu’ils se sentent soutenus dans leur démarche responsable et dans leurs revendications légitimes, quel que soit le positionnement de leur commune". Et enfin "d’étudier au plus vite des mécanismes spécifiques de soutien afin d’appuyer les dynamiques locales qui voient le jour".

Un message qui, d’évidence, dépasse tout à fait le cadre du Luxembourg. Reste à voir la réponse qu’y donnera le gouvernement wallon.

A noter encore que, à Habay, le parc pourrait, selon nos informations, être revu à la baisse, avec seulement 4 ou 5 éoliennes, du fait de la protection du Milan Royal. Et que Lucéole organise, le samedi 30 avril, une visite à la commune grand-ducale de Beckerich, qui s'est imposée depuis plusieurs années comme un exemple réussi de commune verte, avec un engagement très fort dans toutes les énergies renouvelables et la participation des citoyens. Cette visite est ouverte à tous.

Infos via email : etienne.giot@luceole.be.