Nombreux sont les secteurs à souffrir du confinement. Celui des escape rooms en fait partie, comme l'explique, comme l'explique Eric Scaillet de l'escap roomTrésors Cachés de Beauraing et membre de EscapeWall , l'association des escape rooms de Wallonie.

"Une fois de plus, nos établissements ont dû baisser leurs volets, et ce, jusqu’à nouvel ordre. Lors du premier confinement, les escape games ont été les tout premiers à devoir fermer boutique et parmi les derniers à rouvrir en date du premier juillet .En comparaison et pour rappel, l’Horeca et la plupart des commerces avaient, quant à eux, pu rouvrir dès le 8 juin. Pour les escape rooms, ce fut trois mois de fermeture sèche, de pertes directes et sans moyen de compenser. Pas de service de livraison possible pour nous, ni de take-away à proposer aux clients; mais bien un loyer conséquent à toujours devoir payer, les charges liées au site internet et à nos plateformes de réservation, un lourd investissement dans de nouvelles mesures de sécurité et le tout sans oublier d’animer - quotidiennement pour certains - les réseaux sociaux afin de rassurer nos adeptes et éloigner des esprits le mot « faillite », planant pourtant comme un spectre au-dessus de nos têtes. Savoir se réinventer a rarement pris plus de sens que dans notre secteur en cette période."

D’un point de vue plus administratif, chaque entreprise a ses codes NACE, proprement dédiés à son activité. "Pour nous les escapegames, ce n’est pas le cas. En tant que tel, nous n’existons pas. Ainsi, chacun de nous a simplement dû choisir un ou plusieurs codes s’approchant au mieux de ses activités, et le tout … au petit bonheur la chance ! En fonction des codes choisis, nous sommes ainsi respectivement considérés comme créateurs de décors, animateurs, gérants de salle de spectacle ou encore organisateurs d’événements, …Au demeurant, cela n’est pas si grave car nous avons la chance de pouvoir exercer notre métier tellement original. Par contre … lorsque nous apprenons que pour recevoir une prime de l’état suppléant à la fermeture de commerce, il est demandé de communiquer tel ou tel code et qu’aucun ne semble jamais bon, l’injustice gronde !Certains d’entre nous ont ainsi pu recevoir une prime de 5000€, d’autres pas. Certains ont eu droit à une seconde prime de 3500€, d’autres pas. Plus incompréhensible encore, certains - n’ayant pas fait leur première demande car non éligibles - le sont devenus pour la seconde mais n’ont malheureusement rien reçu. En effet, une des étranges conditions pour obtenir cette seconde aide, est d’avoir pu profiter de la première."

Et l'association de poursuivre: "Si nous sommes contraints de fermer nos commerces et qu’une compensation nous est versée, celle-ci devrait être octroyée en fonction des spécificités de notre métier, de notre activité, et non en fonction d’un code NACE aléatoire. Cela serait certes bien plus simple si nous avions le nôtre mais ce n’est pas le cas.Si le gouvernement tente d’homogénéiser les mesures de sécurité au niveau national, il n’en est clairement pas de même au niveau des aides. Exemple : nous notons que la Flandre - en plus des primes « classiques » - a versé à ses escaperooms 160€ par jour de fermeture. A la fin du confinement, les gens se sont rués chez leur coiffeur, chez leur tatoueur, chez leur esthéticienne. Ils ont à nouveau profité de bonnes tables dans leurs restaurants préférés … et c’est bien normal ! Nous aussi avons fait de même. Par contre, notre activité a perdu tous ses clients team-buildings, les « enterrements de vie de célibataires » ont été supprimés (les mariages l’ayant été également dans la plupart des cas). Régulièrement, des parties de jeu sont aussi annulées dû aux quarantaines, ou tout simplement car le facteur peur prend le pas sur le reste. Pourtant nous recevons en général de petits groupes, de 2 à 5 personnes, et plus précisément, des bulles familiales."

Enfin : "Nous aimerions également sensibiliser le public à notre cause et sur le fait que le milieu du jeu d’évasion grandeur nature a besoin de revivre dès que cela lui sera permis. Nous en avons terriblement besoin afin de sauver les nôtres et éviter les fermetures définitives. Nous ne sommes pas très nombreux … et c’est bien là le problème ! En Wallonie, 25 enseignes sont implantées, principalement situées dans les centre-villes : Liège, Namur, Charleroi, Mons, Tournai, Arlon, Wavre, Waterloo, Malmedy, etc … . En général, il s’agit de petites sociétés, d'indépendants ou de travailleurs qui exercent en activité complémentaire. Tous des artisans passionnés dont les motivations premières sont de « créer du souvenir » dans la tête de leurs clients qui découvrent le concept, ou de procurer du plaisir et des nouvelles surprises aux habitués de la discipline, qui sillonnent parfois les routes de toute la Wallonie, de Bruxelles voire de la France, en quête d’expériences inédites."

La plupart des enseignes d’escaperooms de Wallonie se regroupent en une toute nouvelle association appelée EscapeWall. "Cette initiative est justement née de la difficulté pour nous de recevoir nos primes COVID ainsi que de la difficulté de nous faire reconnaître et de nous faire aider. Pour l’instant, nous discutons entre gérants via une plateforme privée mais nous avons pour objectif de créer un site web commun afin de nous serrer les coudes ainsi que d’obtenir la visibilité que nous méritons. Quelques clics et quelques recherches internet vous suffiront pour comprendre que nous participons tous activement au bien-être et à la santé mentale des citoyens, qu’ils soient belges ou touristes."