Namur-Luxembourg Le réchauffement climatique a des conséquences sur la pratique de ce loisir.

Un début de saison qui démarre mal n’est jamais de nature à rassurer le personnel. Surtout quand on connaît l’historique de ce secteur d’activité.

"L’an dernier, nous avons dû arrêter la saison dès le 23 juillet car la sécheresse était présente. Cela a bien évidemment représenté une perte de notre chiffre d’affaires. Perte comprise aujourd’hui entre 40 et 60 %. Je n’ai pas encore le chiffre exact à vous donner. Je suis de nature optimiste mais je m’attends quand même à avoir une autre saison compliquée", commente Robert Zorrilla.

Changement climatique

Le gérant de Semois kayaks raconte que le démarrage en 2019 n’a pas été folichon. "Non, ce fut très calme. La cata, même ! Pourquoi ? Il a fait trop froid la première semaine de Pâques", enchaîne-t-il. Cela fait maintenant 18 ans qu’il gère cette activité le long de la Semois. S’il a connu de belles périodes entre 2002 et 2012, la situation a fortement changé ces cinq, six dernières années.

Selon lui, c’est dû au changement climatique. "Sur le terrain, on voit ce que cela engendre comme conséquence. Des niveaux d’eau qui sont soit trop élevés, soit trop bas. Des températures caniculaires ou polaires en été… Ce qui me pousse à dire que d’ici dix ans environ, le kayak sera sans doute une activité plus ponctuelle que permanente. On ne sait jamais prévoir le temps qu’il va faire. Il faut avoir des reins solides et un mental d’acier pour poursuivre dans ce milieu. Le kayak, c’est une vraie loterie", ajoute-t-il.

Du courage

Il n’est pas le seul du secteur à penser de la sorte. Pourtant, la clientèle ne fuit pas cette discipline. "Les clients comprennent. On doit s’adapter rapidement. Dès que le soleil brille, il faut être prêt. On vit vraiment au jour le jour." Il faut être courageux pour se lancer dans ce milieu aujourd’hui. Et il faut aussi s’adapter. Robert Zorrilla a des alternatives pour pouvoir correctement vivre de son activité. Il a notamment réalisé deux hangars à quelques kilomètres de Bouillon. "Le premier servira à stocker le matériel. Le second ? Je le louerai…" Pas le choix. Gageons pour tous les professionnels du secteur que Dame Nature soit plus clémente cette saison…