Le coronavirus met les prisons en ébullition.

Mercredi soir, une série de détenus avaient refusé de réintégrer leur cellule après le préau, à Leuze-en-Hainaut et Arlon. Jeudi matin, deux prisonniers se montraient encore "récalcitrants" mais tout est à présent rentré dans l'ordre, indiquait vers 9h15 la porte-parole de l'administration pénitentiaire, Kathleen Van De Vijver. Peu après 20h00 mercredi, les forces de police de la région du Tournaisis se sont rendues à la prison de Leuze-en-Hainaut, où un groupe de prisonniers refusait toujours de réintégrer les cellules. Depuis le confinement, les préaux sont assurés mais restreints à des petits groupes de détenus. "A 17h00, il y avait 21 prisonniers à l'extérieur. Au terme du préau, huit d'entre eux ont refusé de retourner dans leur cellule. Ils réclamaient plus de crédit d'appel pour leur téléphone et une cantine complète. Actuellement, certains produits (chips, cigarettes, softs, biscuits...), fournis par un supermarché, ne sont pas disponibles. Mais dès lundi prochain, nous devrions être réapprovisionnés", explique Kathleen Van De Vijver. Jeudi matin, deux détenus se trouvaient encore sous le préau, mais ils sont à présent rentrés.

A Arlon, c'est une trentaine de prisonniers qui ont refusé de regagner leur cellule mercredi soir, après le préau. La police est arrivée sur place vers 22h15, a entamé une discussion avec les détenus et tout est rentré dans l'ordre. "Cependant, huit meneurs ont été provisoirement placés en cellule de réflexion en attendant une procédure disciplinaire", précise Kathleen Van De Vijver.

Jusqu'au 5 avril prochain, au minimum, tous les détenus sont privés de visite et ils n'ont plus d'activité en commun (sports, bibliothèque, cours). Les trois repas quotidiens sont assurés ainsi que les préaux, les tâches logistiques (cuisine, nettoyage...) et les ateliers pour des firmes externes.

"Le coronavirus a des retombées importantes en milieu carcéral. Le manque de contact avec les familles échauffe les esprits. Jusqu'ici, les détenus ont reçu 20 euros de crédit d'appel -sachant que dans les trois quarts des prisons, ils ont le téléphone en cellule- mais ils réclament davantage. Nous attendons les prochaines mesures gouvernementales concernant un éventuel prolongement du confinement pour libérer plus de crédit et aviser d'autres actions", complète la porte-parole.

Les prisons participent, par ailleurs, elles aussi à la lutte contre le coronavirus. "Les détenus se sont mis à la couture, ils confectionnent des masques buccaux. On vise l'objectif de 13.000 unités. Ces masques seront distribués au personnel des prisons (chaîne de nourriture) mais aussi aux soignants, aux policiers et autres. Le matériel de protection destiné aux prisonniers sera lavé au sein de nos établissements pour éviter toute contamination extérieure avec le virus", termine Kathleen Van De Vijver.

Jusqu'à présent, trois détenus ont été testés positifs au Covid-19, un à Mons et deux à Turnhout.