Namur-Luxembourg

Eliane Derreux est membre de la CNE (Confédération nationale des employés), Thierry Baudson est secrétaire national du Groupement national des cadres, Georges Kaisin et Ezio Gandin sont membres des Amis de la Terre.

Ces Namurois, appartenant à des organisations internationales, se forment à l'espéranto dispensé parc l'ASBL namuroise Komunikado de Denis Flochon en collaboration avec le service culturel des facultés. Hier, ils ont convoqué la presse pour le dire. C'est que le phénomène est nouveau et mérite que l'on s'y intéresse.

L'ASBL namuroise a en outre présenté deux nouveaux outils pédagogiques: le logiciel Skype en espéranto qui permet de téléphoner via Internet. Ou encore la télévision internationale ITV, première chaîne de télévision entièrement en espéranto, créée par des Brésiliens. Avec 5, voire 10 millions d'adeptes, l'espéranto relève-t-il de l'utopie face à l'omnipotence de l'anglais? «Non!», clament les esperantophones namurois. L'espéranto garantit l'égalité, car accessible à tous de par sa simplicité et la facilité de son apprentissage.

Il y a trois ans, les Amis de la Terre Belgique ont décidé d'adopter l'espéranto comme langue de communication. Et en ce début 2006, un projet appelé 3+ soutenu par le fonds Prince Philippe vise la mise sur pied d'une collaboration entre les 3 ailes (francophone, germanophone et néerlandophone) des Amis de la Terre en Belgique. Une des propositions faites dans ce cadre est l'utilisation de l'espéranto comme langue d'échange. Thierry Baudson est convaincu pour sa part que l'espéranto doit être la langue de la concertation sociale.

«Le recours aux interprètes, à 25, c'est beaucoup trop cher. L'utilisation de l'anglais phagocyte les discussions. Les décideurs sont des anglophones: c'est la très bonne maîtrise de la langue qui gère les nominations de responsables, que ce soit dans les instances officielles de l'Union, dans les fédérations syndicales ou dans la représentation des travailleurs dans les multinationales. Comme une langue véhicule une culture, c'est le modèle anglo-saxon qui l'emporte. Les textes seraient émis dans une langue qui ne pose plus d'ambiguïté parce que tout le monde la lit.»

© La Libre Belgique 2006