Le couple d’agriculteurs d’Isle-le-Pré a fait défaut devant le tribunal.

Cadavres de bêtes jonchant le sol, étables dans lesquelles sont détenues des dizaines de vaches, bœufs, veaux et taureaux dans des conditions sanitaires et de bien-être totalement inacceptables ; fange composée d’urine et d’excréments ; animaux attachés dont certains n’ont pas accès à l’eau alors que d’autres ne bénéficient d’aucune lumière naturelle, vaches sont cachectiques (maigreur extrême) ou infestées de parasites,… Voilà le tableau découvert dans une exploitation d’Isle-le-Pré (Bastogne) en décembre 2016.

Suite à une descente des unités de bien-être animal, l’association Animaux en Péril avait été sollicitée pour recueillir 8 bovins. L’enquête judiciaire avait révélé que 520 bovins étaient décédés dans l’exploitation en l’espace de 5 ans. L’association de défense animale avait surnommé ce dossier celui de la Ferme de l’Horreur.

L’agriculteur pratiquait également lui-même des césariennes ou coupait les cornes de ses bêtes à la disqueuse sans anesthésie. Ceci, en plus de maltraitance animale, étant considéré comme une pratique illégale de la médecin vétérinaire.

Les exploitants, mari et femme, ont été cités devant le tribunal correctionnel de Neufchâteau pour répondre d’une quinzaine de préventions. Mais ni l’un ni l’autre n’était présent. Animaux en Péril s’était constituée partie civile tout comme les instances officielles que sont l’Union professionnelle des vétérinaires et de l’Ordre des médecins vétérinaires.

Le jugement est tombé ce mardi en l’absence donc du couple d’agriculteurs. Les peines sont respectivement de 16 mois et 12 mois ferme, complétée par des amendes de 14.000€ et 7.000€ Le tribunal s’est même montré plus sévère que ce qu’avait réclamé le parquet (le substitut avait demandé un an et 8 mois de prison). Une interdiction totale d’élevage de bovins durant 3 ans est aussi prononcée. Le couple devra également payer la somme de 32.000€ comme manque à gagner, au préjudice des vétérinaires, pour exercice illégal de la médecine vétérinaire.

Dans le volet civil, Animaux en Péril obtient l’euro symbolique demandé. L’Ordre des vétérinaires et l’Union professionnelle se voient dédommager pour 2.000 et 1.250 euros. Animaux en Péril s’est dite satisfaite même si elle aurait voulu une interdiction de toutes espèces et à vie. “Toutefois, en 25 ans d’expérience en justice à défendre les animaux maltraités, Animaux en Péril constate que c’est l’un des jugements les plus sévères qu’elle a obtenu” a réagi l’association par communiqué.