Le nombre d’interventions est en chute libre depuis l’entrée dans la zone Dinaphi.

Les pompiers florennois en ont marre de leurs conditions de travail et ils l’ont fait savoir dans une lettre ouverte, envoyée aux élus locaux.

Depuis l’entrée dans la zone de secours Dinaphi et l’ouverture récente d’un poste avancé à Mettet, soit à 7 kilomètres de la caserne florennoise, le nombre d’interventions a diminué de 75 %.

"En décembre dernier, six pompiers de Florennes sont réveillés chez eux, au milieu de la nuit, pour intervenir sur un incendie de friterie à Hanzinelle. Ils quittent l’arsenal 8 minutes après l’appel pour être décommandés sur la route. En effet, les pompiers de Mettet étaient sur place depuis cinq minutes et géraient le brasier. Ce genre de situation, de plus en plus courante, engendre de la frustration, de la démotivation et un manque de pratique préjudiciables aussi bien pour la population que pour nous", témoignent les hommes du feu.

Ils respectent également une série de contraintes imposées par la nouvelle organisation : être disponible 120 heures par mois sans indemnité, effectuer 24 heures de recyclage par an, participer à un examen tous les cinq ans.

"Nous acceptons ces contraintes mais attendons un minimum de reconnaissance et surtout pouvoir les mettre en pratique sur le terrain. Ce n’est pas en diminuant les appels que nous pouvons le faire", continuent-ils.

Un manque d’investissements

Les pompiers dénoncent aussi le manque d’investissements dans leur arsenal vieillissant. Le deuxième départ ambulance et trois véhicules ont quitté le poste. Aucun officier ne remplace le chef parti dans une autre zone.

Les départs se multiplient d’ailleurs dans les effectifs. Quinze pompiers volontaires de la zone Dinaphi, dont plusieurs de Florennes, viennent de rejoindre la zone Val de Sambre. Les sapeurs auraient d’ailleurs préféré que la commune rejoigne cette zone en 2015. Ils soulignent néanmoins qu’ils restent motivés et au service de la population, même s’ils ont peu d’espoir quant au futur de la caserne.

Le bourgmestre de Florennes, Pierre Helson, réagit à la situation : "Notre entité est fort étendue et en zone rurale, ce qui ne nous favorise pas suite à la réforme. Je trouve aussi aberrant de la part des décideurs d’avoir ouvert le poste avancé à Mettet, à quelques kilomètres à peine d’une grande caserne. Je comprends les inquiétudes des pompiers, mais toute la donne a changé avec la nouvelle réforme. Il faut donc s’adapter."

Le bourgmestre poursuit : "Je ne peux pas non plus interdire aux pompiers de changer de caserne. Nous devrons nous adapter tout en respectant les mesures de sécurité qui nous sont imposées. Quant à l’état de la caserne, le dossier est en cours d’étude. Dans le plan stratégique de la zone Dinaphi, on s’est dit qu’il serait peut-être judicieux de construire une caserne plus moderne en dehors du centre-ville et à proximité de l’entité de Walcourt. Mais il n’y a aucun moyen subsidiant disponible pour le moment. La réflexion se poursuit mais il devient urgent de se décider. Je vais en tout cas répondre à ce courrier en proposant une entrevue avec les pompiers. Je n’ai jamais fermé ma porte à personne."