Namur-Luxembourg

Fermier à Couvreux (Rouvroy), Christian Berque est en colère. En cause ? La suppression des aides de la Pac pour ses parcelles situées en France.

"J’ai reçu un courrier de la direction départementale m’informant je n’étais plus dans les conditions pour les recevoir car je ne suis pas domicilié en France, explique-t-il. Les terrains que j’ai achetés de l’autre côté de la frontière représentent environ 35 % de ma propriété de 200 ha. La perte annuelle s’élève à 15 000 euros. Les politiques prennent des décisions sans se soucier des agriculteurs qui ont déjà beaucoup de mal à boucler leurs fins de mois. C’est honteux !"

La Fédération wallonne de l’agriculture est montée au créneau pour dénoncer cette décision unilatérale. "Pour les agriculteurs transfrontaliers, ne pas recevoir d’aides compensatoires peut ébranler la viabilité de leur exploitation", indique Jean Marot, conseiller à la FWA.

"Versées entre novembre et juin, elles permettent d’honorer les factures des fournisseurs et de rembourser des prêts. Si elles n’arrivent pas sur les comptes, beaucoup auront des difficultés à faire face à leurs échéances."

Les exploitations agricoles concernées sont implantées en province de Luxembourg mais aussi dans le Hainaut et le Namurois. La FWA rappelle que l’administration française avait déjà manifesté l’an dernier son intention de réserver les aides à ses agriculteurs nationaux.

"Selon nos juristes, il s’agit d’une interprétation abusive du nouveau règlement de la Pac", poursuit Jean Marot. "Si la France maintient sa position, nous introduirons une action en justice."

Les ministres René Collin et Willy Borsus ont entrepris des démarches auprès de leur homologue français. "Récemment, lors d’un entretien téléphonique, le ministre Stéphane Le Foll m’a informé qu’il avait examiné le dossier", précise Willy Borsus. "Il m’a assuré qu’une issue favorable serait apportée. Nos agriculteurs pourront bénéficier des aides de la Pac pour leurs parcelles situées en France, comme c’était le cas par le passé."