L’argent a depuis été remboursé. Il est toujours conseiller communal.

Mathieu Morelle, alors trésorier de l’ASBL Ecole Sainte-Anne de Hastière est accusé d’avoir détourné 10.200 euros entre le 30 septembre 2015 et le 12 novembre de la même année. Si il a d’abord nié en bloc, évoquant une erreur de manipulation, il a reconnu les faits ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Namur. « C’était une énorme erreur. Les comptes d’une autre asbl dont j’étais trésorier, les jeunes cdH d’Hastière, n’étaient pas bons. Nous avons dépensé sans nous en rendre compte des montants exorbitants et étions coincés. J’ai alors emprunté la somme dans la caisse de l’école et je pensais pouvoir l’y remettre sans que l’on s’en rende compte. »

Le conseiller communal, fonction qu’il occupait à l’époque et qu’il occupe encore aujourd’hui à la différence près qu’il a été exclu du cdH suite à l’éclatement de l’affaire, pensait être le seul à avoir accès aux extraits de compte. Ce qui n’était pas le cas puisque la présidente du PO, par ailleurs présidente de la locale cdH, s’est rendu compte de la disparition de la somme.

Grâce à un prêt contracté et à l’aide de sa compagne, le prévenu a rapidement restitué la somme mais le mal était fait et la médiatisation des faits a eu de lourdes conséquences sur sa vie personnelle, politique et professionnelle. L’école s’est constituée partie civile, amenant l’affaire devant le tribunal. Elle réclame un euro de dommage moral et 1440 euros d’indemnités de procédure. « Un mandataire politique devrait servir l’intérêt commun plutôt que de se servir dans les caisses », a asséné le conseil de l’ASBL.

Le parquet ne prend pas la chose à la légère et réclame une peine de travail de 80 heures et une amende de 1000 euros. « Une explication hasardeuse a été utilisée car le prévenu craignait des répercussions en période électorale. Ce détournement par fonctionnaire public est grave. D’autant plus qu’au moment de dérober la somme, il n’avait pas les fonds pour la rembourser et le savait. Le fait que l’argent ait été détourné pour rembourser l’asbl Jeunes cdH pose aussi question, pourquoi ses membres doivent-ils rembourser eux-même, comment était-elle gérée ? »

L’avocat du prévenu demande à titre principal une déclaration de culpabilité, invoquant le dépassement du délai raisonnable dans ce dossier. Quand la juge Cadelli demande au jeune homme si il accepte de prester une peine de travail, il répond, en sanglotant : « J’ai l’impression de ne plus en finir de payer, d’être condamné à l’infini. J’en ai pris pour mon grade. Je suis insulté sur les réseaux sociaux, on appelle mes parents la nuit,... »

Jugement le 1er avril.