En 2018, alors que l’enquête n’en était qu’à ses débuts, le parquet de Namur avait craint que cet infirmier, aujourd’hui âgé de 45 ans, ait pu avoir commis 21 assassinats ou tentatives dans des maisons de repos où il avait travaillé ou dans sa pratique d’indépendant.

In fine, seuls quatre faits ont pu être confirmés : un assassinat et trois tentatives d’assassinat par empoisonnement.

Mais l’infirmier ne sera pas traduit devant une cour d’assises. La chambre du conseil de Dinant a ordonné mardi l’internement de Frédéric V., infirmier indépendant de Fosses-la-Ville.

Elle a estimé qu’il souffrait de graves troubles mentaux au moment des faits comme aujourd’hui et qu’il constituait encore un danger pour autrui.

Parquet et défense avaient plaidé pour l’internement de l’infirmier sur base de deux expertises allant dans le même sens.

Un premier décès suspect

L’alerte avait été donnée par le centre hospitalier de Bouge le 4 septembre 2017 après l’admission d’une résidente de la maison de repos La Méridienne à Meux, âgée de 87 ans qui succombera dans la journée.

Les examens avaient mis au jour un taux anormalement élevé d’insuline qui pouvait être à l’origine de la mort. Or, l’octogénaire n’était pas diabétique.

Dix jours plus tard, l’infirmier, qui travaillait à la Méridienne, était placé sous mandat d’arrêt pour assassinat. Des vérifications ont été effectuées pour vérifier si l’infirmier n’avait pas fait d’autres victimes. Des cadavres ont été exhumés.

L’enquête était complexe car l’infirmier s’était muré dans le silence après des déclarations en sens divers. L’insuline n’est par ailleurs détectable que quelques semaines après l’injection.

Et l’infirmier, qui avait suivi une formation en pharmacologie, aurait pu utiliser d’autres produits. L’âge de ses patients ne facilitait pas les vérifications car lorsqu’une personne âgée décède et qu’il n’y a pas de traces de violences, il n’y a pas de signaux d’alerte.

Trois tentatives d’assassinat ont finalement pu lui être aussi imputées : une dans la maison de repos de Meux où il travaillait à mi-temps et deux dans le cadre de sa pratique privée d’indépendant complémentaire.J. La.