Le dernier Comité de concertation n’a, une fois de plus, pas permis d’ouvrir de perspectives claires pour différents secteurs à l’arrêt. Pour l’Horeca, seulement autorisé à travailler en take away jusqu’à nouvel ordre, chaque jour qui passe fait vaciller davantage encore le triste équilibre financier de nombreux établissements. "On s’approche dangereusement du point de non-retour", s’inquiète Alain Dewulf, chef et patron du Zinc, à Namur.

À la tête de son établissement depuis 26 ans, il n’a jamais imaginé devoir envisager la faillite. "C’est même un terme que je me refusais de prononcer. Mais, avec ces mois d’arrêt, j’ai épuisé toutes mes économies. Je n’ai plus d’horizon."

Comme d’autres restaurateurs et indépendants, Alain Dewulf se sent abandonné par les autorités. "Lors du dernier Comité de concertation, ils ont évoqué la situation des auto-écoles, qui vont être autorisées à reprendre. Mais il n’y a pas eu un seul mot pour nous, ni pour d’autres comme les prestataires dans l’événementiel. Ce ne sont pas des aides qui vont nous permettre de nous en sortir car on sait très bien que ces aides seront taxées et qu’on va payer le prix fort quand il faudra les déclarer. Tout ce qu’on veut, c’est la réouverture pour pouvoir travailler."

Mais les chiffres des contaminations et hospitalisations ne permettent malheureusement pas de franchir cette étape. "Alors j’ai décidé de rouvrir le 1er février. Je n’ai pas le choix. C’est ça ou la faillite."

Alain Dewulf, tout comme d’autres restaurateurs, espère ainsi attirer l’attention sur le drame financier qu’il vit. "C’est une réouverture symbolique, mais nous devons nous faire entendre. Cette date n’est pas une fin en soi, mais je veux qu’on prenne enfin notre situation en compte et qu’on nous annonce concrètement quand et comment nous pourrons rouvrir. Je n’en peux plus de vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, qui menace chaque jour un peu plus de tomber. J’espère juste qu’il n’est pas trop tard et que je vais pouvoir sauver mon restaurant."