Le prévenu estime son licenciement abusif : on l’accusait de covoiturer et de déclarer des frais de kilomètres.

Le dossier d’un ancien employé de la Région wallonne, accusé de faux, usage de faux et escroquerie par son ancien employeur, a été abordé ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Namur. La partie civile lui reproche d’avoir réclamé des frais de déplacement alors qu’il covoiturait et n’utilisait pas son véhicule personnel pour venir au travail. Le parquet et l’avocat du prévenu demandent l’acquittement.

Le prévenu a commencé à travailler à la Région wallonne en 1997. C’est en 2012, lorsque les relations se sont compliquées avec sa cheffe de service, que celle-ci a accusé l’employé de réaliser de fausses déclarations de créance concernant ses frais de déplacement. Celle-ci soupçonnait que le prévenu covoiture plutôt que d’utiliser son propre véhicule mais qu’il réclamait ses frais de déplacement, soit, pour la période concernée, un montant de 2658 euros. L’employé continuant à réclamer son dû, il a été licencié pour faute grave le 1er février 2013. Il a répliqué en attaquant son employeur pour licenciement abusif tout en réclamant des indemnités compensatoires qui font l’objet d’une autre procédure devant le tribunal du travail.

L’avocat de la Région wallonne, se basant sur les relevés de pointage du prévenu et de la personne avec qui il covoiturait et sur les kilomètres parcourus annuellement par le prévenu avec son véhicule personnel, estime les faits établis et réclame un euro à titre provisionnel. "8 de ses collègues affirmaient qu’il covoiturait. Ses horaires de pointage, alors que ses horaires étaient variables, sont systématiquement les mêmes que ceux de la collègue avec qui il est soupçonné d’avoir covoituré. Quant aux kilomètres parcourus avec on véhicule, ils sont irréalistes. Si il avait parcouru les distances qu’il déclare pour aller au travail, il n’aurait fait, en plus, que 3000 kilomètres par an."

Pour le parquet de Namur, le fait que le prévenu ait covoituré aux dates indiquées par la Région wallonne ne peut pas être établi, et l’acquittement est réclamé, au bénéfice du doute. Ce que demande aussi l’avocat du prévenu

Jugement le 4 décembre.