Au Pôle Ardenne Bois de Gouvy, comme au parc Ardenne Logistics à Molinfaing (Neufchâteau), la ligne ferroviaire est opérationnelle mais elle n’est pas utilisée pour le transport de marchandises. En cause notamment ? Le coût qui reste plus élevé que par la route.

Ce que déplore Manfred Pauls, le patron de la scierie et de l’unité de cogénération. "Dès que nous aurons atteint notre vitesse de croisière dans quelques semaines, environ 45 camions par jour approvisionneront l’entreprise en bois rond", précise-t-il. "Plus de 30 camions quitteront le site avec le bois scié et les pellets."

Lorsque la question de la délocalisation de l’entreprise Pauls s’est posée, car le site de Bullange n’offrait plus de possibilité d’extension, la bimodalité du parc d’activités de Gouvy a été perçue comme un avantage. Le coût de la construction de près de deux kilomètres de voie ferrée pour relier le Pôle Ardenne Bois à la gare de Gouvy a, inévitablement, été répercuté sur le prix de vente des terrains.

"De 1997 à 2000, le bois rond provenant de Russie, par bateau, a été acheminé jusqu’à Bullange par chemin de fer au départ des ports de Bruxelles et de Gand. A l’époque, ce mode de transport était intéressant sur le plan financier pour des grandes quantités de bois."

Depuis son installation dans la commune de Gouvy, l’entreprise n’a pas encore utilisé la ligne ferroviaire. "Le chemin de fer n’est pas compétitif : je n’en connais ni les raisons ni les motivations. Je trouve aberrant de ne pas pouvoir utiliser ce moyen de transport plus écologique que le transport routier."

Un caractère bimodal

Manfred Pauls espère que prochainement des solutions seront trouvées pour rendre le rail compétitif. " L’intercommunale Idelux a conféré au parc d’activités économiques un caractère bimodal parce qu’elle pensait, à juste titre, que c’était un atout. Le rail offre en effet un énorme avantage en matière de transport de grandes quantités de bois d’un point à un autre .", conclut-il.