Namur-Luxembourg Elle avait quitté la Colombie à l’âge de 8 ans. Elle y est retournée 30 ans plus tard.

Maria est une infirmière indépendante de 37 ans qui réside actuellement à Malonne. Elle et son frère François, qui sont nés à Cundinamarca en Colombie, ont été séparés de leurs parents biologiques quand elle avait 6 ans, avant de séjourner pendant 2 ans dans une famille d’accueil à Caqueza. Les deux enfants ont ensuite été adoptés par Marcel Debouche et son épouse, aujourd’hui décédée, ils ont alors vécu leur jeunesse dans la région de Romerée.

"Je n’ai jamais oublié ma maman", confie la jeune femme. "J’ai toujours voulu la retrouver. Je savais juste qu’elle était en Colombie. Fin septembre 2018, mon compagnon, Benjamin, a commencé des recherches sur Facebook sur base de mon nom de famille, Sanchez. C’était un vendredi. Le samedi 28 septembre, il m’a annoncé qu’il avait trouvé quelqu’un qui me ressemblait fortement."

Maria entame alors la conversation avec sa sœur de sang, Sara. Elle se souvenait que sa maman s’appelait Emma. "Elle se souvenait que deux de ses frères et sœurs avaient été adoptés. Elle se souvenait aussi comme moi que nous jouions sur un pont de bois, au-dessus d’une rivière. Nous avons échangé des photos, des actes de naissance."

Maria découvre alors sa famille colombienne. Si son papa biologique, un policier, est décédé il y a une dizaine d’années à l’âge de 100 ans, Emma, sa maman, est âgée de 75 ans, elle a eu 9 enfants.

"Le temps pressait, Benjamin et moi avons décidé d’aller rapidement en Colombie. Marcel, mon père adoptif, nous a aidés financièrement afin que nous puissions nous rendre dans mon pays d’origine." Durant 3 mois, Maria apprend l’espagnol et échange à tout-va avec sa famille. Et le grand jour arrive finalement, en janvier dernier. "Toute la famille était présente pour nous accueillir à l’aéroport de Bogota. C’était la première fois qu’elle était réunie au complet. Durant 3 semaines, il y a eu des fêtes. Nous leur avons offert des matériaux de construction afin de refaire la façade de la maison de maman. C’était comme si nous n’avions jamais été séparés. Maman se sentait coupable. Elle avait été abandonnée par mon père et ne pouvait pas nous assumer à cause de la pauvreté."

Ce voyage a été l’occasion de se remémorer des souvenirs. Bons et parfois moins. "Je me souvenais parfaitement de l’itinéraire entre ma maison et celle de ma famille d’accueil. Cela m’a aussi rappelé ce que j’y ai vécu. À seulement 6 ans, mon frère et moi devions faire à manger, laver des vêtements, apporter à manger et à boire aux ouvriers de la ferme."

Depuis, Maria est toujours en contact avec sa famille biologique 2 à 3 fois par semaine. Ils se sont promis de se voir une fois par an, tant qu’Emma, sa maman, est toujours en vie. Maria et Benjamin souhaitent pour leur part adopter un enfant provenant de Colombie. Maria envisage de consacrer un livre à sa belle histoire.