Ils ont estimé que des vies étaient en danger après des menaces présumées émises devant eux.

Fabrice, un habitant de la commune d'Hamois, est poursuivi pour un fait de menace sous ordre ou sous condition commis à Auvelais entre le 1er décembre 2017 et le 25 août 2018. En l’occurrence, il aurait déclaré qu'il utiliserait une arme à feu si une décision de la Cour d'appel de Liège ne lui donnait pas raison dans le cadre d'une séparation avec enfants.

Au-delà de la prévention, c'est surtout la manière qui a engendré les poursuites qui peut interpeller. Cette menace présumée aurait été tenue devant ses deux avocats lors d'un colloque singulier en décembre 2017. Ce sont ces deux dernier qui ont dévoilé les faits au parquet de Namur quelques mois plus tard en voyant que l'arrêt de la Cour d'appel de Liège n'allait pas dans le sens de leur client, bravant le secret professionnel après en avoir préalablement parlé au bâtonnier du barreau de Dinant. « Le contexte de cette dénonciation est très désagréable et cela porte pour moi atteinte à la profession d'avocat », a indiqué la défense de Fabrice. « D'autant plus qu'ils en avaient déjà parlé une première fois au bâtonnier mais ils ont continué à assurer sa défense... Ca ne va pas du tout. »

Interrogé par le président, le prévenu a contesté cette menace. Il a bien reconnu avoir évoqué une arme, mais précise que ses avocats ont mal interprété ses propos. « Ils ont poussé pour faire diverses procédures judiciaires. J'ai simplement voulu dire qu'après la Cour d'appel de Liège, j'en resterais là. J'avais à cette époque une ardoise à payer (8.000€). Est-ce cela qui les a poussés à me dénoncer ? Je ne sais pas. »

Le prévenu avait déjà pourtant déjà tenu de tels propos devant plusieurs personnes. Comme en février 2017 devant l'assistance de police de Ciney. « Il a déclaré qu'il avait trois solutions pour en finir avec cette histoire : abandonner ses enfants, se suicider ou tuer madame et que les deux premières n'étaient pas privilégiées », a précisé le parquet de Namur.

Le hic est que cette menace ne fait pas l'objet des poursuites. Tout comme ce qui a pu se passer avant ou après la période infractionnelle. Autre souci : pour que le fait de menace soit punissable, la victime devait être au courant. Ce qui, dans le cas précis, n'a été le cas qu'après l'interpellation du prévenu. Dans ce contexte, et vu d'autres éléments juridiques techniques, la défense a plaidé l'acquittement. Jugement le 4 mars.