Namur-Luxembourg

Après être restée 80 jours embrigadée par un échafaudage, la Statue de l’Ange, qui veille sur la place du même nom depuis 220 années, a de nouveau ouvert ses ailes protectrices, fin de la semaine dernière, lors de son inauguration. Erigée en 1791, la Statue de l’Ange, sculptée par le Namurois François-Joseph Denis, était à l’origine une pompe publique mise à disposition à l’initiative du Magistrat (collège communal de l’époque).

De style Louis XVI, la pompe fonctionnait " à la commande " sous le coup d’impulsions données en actionnant un bras métallique afin de faire jaillir l’eau par les mufles de lion. En raison de sa valeur historique, archéologique et artistique, elle fut classée comme monument en 1936. Aujourd’hui, elle constitue encore le témoin d’une époque pas si éloignée que cela, où, pour se procurer de l’eau , il ne suffisait pas de simplement tourner un robinet.

Mais voilà, avec le poids des ans, elle souffrait de multiples maux : pierres fendillées, socle s’enfonçant dans le sol, polychromie effacée, aile cassée Il devenait urgent de restaurer en profondeur cet illustre monument.

" Afin de ne pas avoir de variation chromatique, un soin tout particulier a été accordé à chaque pierre lors du démontage. Une par une, elles ont été auscultées, validées ou redéfinies par l’un des trois procédés suivants : la consolidation ou le façonnage à la résine, le greffon ou le remplacement complet par une pierre de la même couleur" , a expliqué vendredi l’échevin du Patrimoine Tanguy Auspert.

Quant à l’Ange, fait de plomb et muni de sa trompette de cuivre et de laiton, il est parti en atelier afin d’être, dans un premier temps, restauré et ensuite orné de mille et une feuilles d’or. Restait à nettoyer et déjointoyer les maçonneries, poser une couche de protection contre les intempéries, mettre en valeur les dorures et recouvrir l’ensemble d’une peinture de manière à masquer les interventions et à assurer une meilleure conservation du monument. La rénovation de la Statue a coûté 95 000 €, financés grâce à un subside de 61 000 € de la Région, le Fonds ING ayant accordé un mécénat de 13 000 € via le Fonds Roi Baudouin. La Ville a apporté le solde.