Cela faisait quelques mois que les fouilles archéologiques avaient ralenti sinon disparu. L’agence wallonne pour le patrimoine suivait tout de même l’avancée du chantier du parking de près. Le 8 janvier dernier, leur attention a été attirée par quelques éléments. Le 16 janvier, les archéologues ont eu la certitude que de grosses fouilles allaient révéler des trésors. "En nettoyant cette parcelle, nous avons découvert un grand mur de terre où nous pouvions lire une succession de couches qui se sont déposées au fil des millénaires. Une d’entre elles est âgée de 9 000 ans et remonte au Mésolithique. C’est cette partie qui a attiré notre attention", raconte Dominique Bosquet, responsable des fouilles.

Un fémur humain

Aujourd’hui, ils sont une grosse dizaine à s’affairer sous l’étage moins 1 du parking, à 6 ou 7 mètres de profondeur. Ils ont trouvé des silex taillés, un fémur humain mais aussi des ossements d’animaux que nos ancêtres ont mangés, comme du cerf, du sanglier, de l’auroch… "On se situe à la fin de la glaciation, ce type de gibiers se développe et il attire une population de chasseurs-cueilleurs qui occupe la pointe du Grognon à cette époque", commente encore Dominique Bosquet. Selon lui, ces découvertes en très bon état revêtent un intérêt qui dépasse Namur, et de loin. "Quand on fouille un site de cette période, en général, on ne retrouve que les outils en silex. Ici, on a les végétaux utilisés et consommés, les ossements d’animaux. On a même retrouvé des noisettes entières et en morceaux dans un état de conservation tel qu’on dirait qu’elles viennent de tomber de l’arbre", se réjouit le responsable des fouilles. Depuis le début, l’entente est plus que cordiale entre l’entrepreneur et les archéologues, le premier facilitant le travail des autres. "On a jusqu’au mois d’avril pour réaliser les fouilles. On prendra sans doute tout le temps imparti, mais je ne pense pas qu’on ira au-delà car on n’a pas encore terminé l’analyse des premières fouilles. Or le rapport doit être rendu pour une date précise et la moitié de l’équipe est à nouveau mobilisée sur le site." M.V.