Un groupe de personnes a entonné un chant en soutien au Square Léopold. Un geste de désobéissance civile non violente non autorisé dans la salle du conseil

Le conseil communal de Namur est en cours ce mardi soir. Plusieurs groupes de pression - dont le collectif pour la préservation des arbres du square Léopold et les activistes d'Extinction Rebellion ainsi que des personnes arborant un gilet jaune - se sont donné rendez-vous pour accueillir les conseillers avec leurs messages et suivre les débats dans le public.

Ces groupes pratiquent la désobéissance civile non violente, et tout s'est passé dans le calme avant la séance, ce qui n'a pas empêché la ville de Namur de prendre ses précautions, craignant l'un ou l'autre dérapage. On se souvient que XR a déversé du faux sang devant les boutiques des grandes enseignes au début des soldes. Et le Collectif mené par Marcel Guillaume préparait aussi quelques surprises pour maintenir la pression sur la majorité et son projet de centre commercial mixte qui signe la fin du square Léopold.

Ainsi, un service de sécurité plus fourni qu'à l'habitude était présent pour accueillir les personnes souhaitant assister au conseil communal. Les sacs auraient été fouillés à l'entrée et les banderolles et calicots n'ont pas pu entrer dans la salle du conseil. Les personnes arborant des slogans sur leurs gilets jaunes ont aussi dû les laisser au pied de l'escalier.


La campagne d'affichage de ce mardi matin - Extinction rebellion a décrété l'urgence climatique "avec rage" et s'est affichée clandestinement sur la Citadelle de Namur - a sans doute aussi joué dans la présence de 5 agents de police en civil cachés au sein de l'assemblée et la présence d'une équipe d'intervention au cas où.

Le petit incident perturbant les débats a eu lieu alors que la chef de groupe Ecolo félicitait la majorité sur ses projets d'espaces verts dans le cadre du plan stratégique transversal. Plusieurs dizaines de personnes se sont levées et ont entonné un chant et réaffirmé leur présence tant que la ville voudra abattre les arbres du square Léopold: "On est là". Elles ont été évacuées par la sécurité après avoir refusé d'interrompre leurs chants. Si le conseil communal est public, les spectateurs ne peuvent intervenir et encore moins en perturber le déroulement.

Le matin-même, Marcel Guillaume annonçait une action et les raisosn qui la sous-tend. "Le collectif parc Léopold sera présent au conseil communal pour protester contre le projet Besix qui nie, de manière méprisante, la volonté citoyenne exprimée lors de la consultation populaire de voir préservé l'espace arboré du site; que la ville n'aura même pas eu le courage de présenter à ses citoyens, préférant faire le choix peu courageux de laisser à la presse le soin de diffuser l'information, qui se poursuit dans la plus grande confidentialité reléguant au niveau des dépenses inutiles les frais de fonctionnement d'un échevinat de la participation citoyenne qui refuse de prendre en compte les résultats d'une consultation qu'il a lui-même organisée, qui promeut une notion de transition écologique passant par l'abattage systématique de sa végétation urbaine et fait cadeau de 20.000m² aux multinationales dont on ne nie plus aujourd'hui les effets dévastateurs sur notre environnement et notre climat; qui se cache derrière une coûteuse et aberrante compensation sur le site de l'Espena alors même qu'il existe sur ce site et sur l'emplacement du parking " Le Namur " une possibilité d'y construire les bâtiments programmés sans affecter la végétation existante du parc Léopold."

Les membres namurois d'Extinction Rebellion, un groupe estimant que Greenpeace et les autres ONG militant pour la planète ne sont pas assez radicales et eficaces, avait aussi prévenu. "Nous vous informons par la présente de notre intention d'assister à tous les conseils communaux, et ce tant que la commune de Namur n'aura pas fait preuve de sa prise en compte de la gravité de la crise écologique en cours. Nous serons présents pour vous rappeler à votre devoir de servir au mieux les intérêts à long terme de la population, qui vous a jugé digne de sa confiance. Ainsi, nous demandons la déclaration d'un état d'urgence climatique et environnemental, et que cela se traduise par la subordination de tous les pans de la politique communale à la résolution (ou a minima atténuation) de cette crise. Outre notre présence aux conseils communaux, et en vertu des principes de Nuremberg, nous organiserons des actions de désobéissance civile de plus en plus disruptives jusqu'à ce qu'un tel état d'urgence soit publiquement déclaré".

Le bourgmestre Maxime Prévot, pris à partie par quelques personnes quittant la salle, a déploré cette action alors même que le collège et l'ensemble du conseil avaient déplacé le mpoint relatif au Quartier Léopold en début de conseil afin de permettre au public nombreux et intéressé par ce sujet d'assister aux débats en direct.