Ce vendredi après-midi, les avocats des 2 groupes (Pour Vous et Agir Ensemble) ont pu s’exprimer lors d’une audience publique.

Pour rappel, les élections du 16 juin à Neufchâteau avaient été organisées après l'invalidation par le gouverneur du précédent scrutin du 14 octobre 2018, sur fond de suspicions de fraude aux procurations électorales, un dossier dans lequel Dimitri Fourny lui-même est inculpé.

C’est ce vendredi après-midi que le nouveau gouverneur de la Province devait rendre une première décision sur ces élections.

Lundi, 4 ressortissants de nationalité étrangère, mais tous domiciliés à Neufchâteau, s’étaient invités au débat. Mais ils ont été refroidi par la décision du gouverneur qui rejette leur appel.

La motivation de cette décision a été expliquée de longues minutes par un porte parole de l’Administration de la Région Wallonne. "La Région n’avait aucune obligation légale d’envoyer un courrier nominatif aux ressortissants avant les élections. Le délai de 50 jours était donc normal, comme l’a indiqué la jurisprudence", dit-il. C’est évidemment la surprise du jour. "La demande de mes clients étaient pourtant légitime. Cette décision les prive du droit à la parole. Nous allons étudier la possibilité d’introduire un recours au Conseil d’Etat", a fait savoir Maitre Dermagne, qui ne s’est pas déplacé à Arlon. Une bonne heure durant, les deux avocats (Agir Ensemble et Pour Vous) ont donc pu s’exprimer sur leurs motivations respectives.

Le conseil de la liste Agir Ensemble, Me Evrard de Lophem, estime qu'un vote des étrangers plus massif aurait pu avoir une influence sur les résultats des élections, puisque 126 voix séparent la liste Agir Ensemble et Pour Vous. Chacune a toutefois décroché 9 sièges sur 19, sans majorité absolue. Pour l'avocat, la réclamation de ses clients n'était pas non plus "une démarche de mauvais perdants, car ils n'ont pas perdu les élections au regard des chiffres".

Me Jean Bourtembourg, avocat de la liste Pour Vous, a ironisé sur la réclamation. "Il faudrait donc penser que les nouveaux électeurs, qui par ailleurs ne s'étaient pas manifestés en octobre 2018, auraient subitement une sympathie pour ceux qui sont coupables des irrégularités qui ont amené à devoir aller revoter". L'avocat parle de "duplicité", dans le chef de Dimitri Fourny, "qui aurait crée les conditions pour réclamer", en cumulant une casquette de candidat et de bourgmestre en affaire courantes, lorsqu'il avait été question, avant les élections du 16 juin, de la demande d'une ressortissante française à être reprise comme électrice.

La 3eme Piste, et sa chef de file Mariline Clémentz, ont fait le choix de rester en dehors de cette procédure.

A l’issue des débats, le Gouverneur a précisé qu’une décision devrait être rendue le jeudi 18 juillet prochain à 14h.