Namur-Luxembourg Passionné pour l’histoire politique nationale et locale, le professeur à l’UNamur est décédé.

Nous étions sur le point de commenter dans ces colonnes une des dernières études pointues de l’historien brabançon wallon et professeur à l’Université de Namur, Paul Wynants, qui dans la dernière livraison de la Revue d’histoire du Brabant wallon, récemment parue, se penchait sur deux scrutins contestés à Nivelles. Et voilà que nous parvint la triste nouvelle que ce disciple ô combien passionné de Clio et du passé mais aussi du fonctionnement des institutions dans ce pays aussi compliqué que passionnant, et donc de la démocratie, était passé de l’autre côté du miroir, décédé accidentellement à Jolimont la semaine dernière.

Bon sang ne pouvait mentir…

Paul Wynants a baigné dans un environnement familial politique et social qui ne pouvait que l’amener à vouloir analyser les tenants et aboutissants des grandes décisions sociétales. Il aurait ainsi pu suivre les traces de son père Arnold ou encore celles de sa mère Jeanine Wynants, qui fut non seulement présidente du Mouvement ouvrier en Belgique francophone mais aussi la première femme à siéger au conseil d’administration de l’Université catholique de Louvain. Mais il opta, pour notre plus grand bonheur pour la recherche historique, s’imposant non seulement comme un éclaireur du passé mais aussi comme un analyste du présent, notamment à travers une série d’études qui ont fait l’objet de publications qui comptent du Crisp, le Centre de recherches et d’études socio-politiques sur les partis politiques francophones.

Progressiste wallon décomplexé

Paul Wynants n’était pas un analyste froid et détaché des réalités politiques. Sa grande expertise était incontestablement influencée par ses propres engagements, à l’âge de 16 ans à une époque où la politisation dans le monde de la jeunesse était en déclin. Alors que de son propre aveu "le soufflé de Mai 68 retombait, il se singularisa des autres, parce qu’il avait des idées politiques et qu’il militait". Paul Wynants avait fondé un groupe de Rassemblement des progressistes à Huy qui rassemblait des chrétiens de gauche, le Parti communiste et certains membres de gauche du Rassemblement wallon.

De ce chercheur intéressé par moult angles d’approche, nous garderons aussi le souvenir d’un coordinateur plus que passionné de l’histoire de l’enseignement catholique qui à l’invitation du Segec et de son alter ego flamand ont rédigé une passionnante histoire de l’école libre dans nos contrées…

Ses funérailles auront lieu ce jeudi 3 janvier à 9 heures à la collégiale de Nivelles.