Les forestiers gaumais ne sont les seuls à être pénalisés, dans le secteur du bois, par les mesures prises dans le cadre de la lutte contre la peste porcine africaine. Les entreprises qui ont acheté des bois coupés ou sur pied dans les zones noyau et tampon, ainsi que tous les métiers de la filière, sont aussi dans la tourmente.

François De Meersman, le secrétaire général de la Confédération belge du bois, laquelle compte plus de 200 membres, relaie leur inquiétude. "Des bois ont été achetés et payés pour environ quatre millions d’euros : il s’agit d’épicéas, mais aussi d’autres essences, précise-t-il. Ceux qui se trouvent dans la zone noyau ne peuvent être enlevés. Dans la zone tampon, en principe, des dérogations peuvent être accordées par le département Nature et Forêt mais, dans la pratique, elles ne le sont pas."

Selon François De Meersman, depuis le 15 octobre, date de l’application des mesures dans la zone tampon, un seul lot a été exploité. "Le problème, c’est la désinfection des machines, affirme-t-il. La protection civile ne s’en est chargée qu’une seule fois dans le cadre d’une formation."

Indemnisation

Quant aux récentes déclarations du ministre René Collin (CDH), elles ne sont pas, dit-il, de nature à rassurer le secteur. "Les entreprises demandent, d’une part, une indemnisation pour les pertes financières, principalement au niveau des bois coupés et des épicéas scolytés, d’autre part, une autorisation pour aller les rechercher au plus vite et ainsi limiter les pertes. Or, il y a beaucoup d’effets d’annonce, mais pas de texte officiel qui les accompagne."

Le ministre René Collin rappelle que des dérogations peuvent toujours être demandées pour l’exploitation forestière dans la zone tampon, mais qu’elles ne sont accordées que sur la base d’une analyse de terrain. Quant à l’absence de texte, il va y remédier. Les nouvelles mesures relatives à l’exploitation forestière seront détaillées dans un arrêté qui devrait être approuvé cette semaine par le gouvernement wallon.