Vendredi, une délégation composée notamment de Patrick Dupriez président du Parlement wallon, des députés Anne Barzin et Jean-Charles Luperto ont visité la prison de Namur. Au terme de trois heures de visites et d’échanges avec la direction, le personnel et divers acteurs de terrain, le constat s’impose : "La prison de Namur doit être rénovée, pas supprimée", conclut Jean-Charles Luperto.

En principe, sa fermeture était programmée avec l’ouverture d’une nouvelle prison en Wallonie. "Mais aucune échéance, aucun délai n’est fixé ", indique le directeur M. Delchevalerie.

Dans l’attente, des travaux pour 700 000 € sont budgétés. "Il s’agit notamment de créer un nouveau poste de commandement-contrôle intégré et centralisé pour améliorer la sécurité avec un système de détection périmétrique anti-intrusion antiévasion; en outre de dix on va passer à quatre-vingt caméras. Sont prévus également des nouveaux radars, un système de télécommunication entre les gardiens avec alarmes portatives, ce qui donne à penser que la fermeture de la prison de Namur, ce n’est pas pour demain."

"Namur est fort plébiscitée par les détenus en comparaison avec d’autres prisons plus modernes comme Andenne ou Lantin ou même Dinant qui est en meilleur état , commente Bernard Gauthier, agent pénitentiaire. Certes le métier de gardien de prison est très dur : on encaisse au quotidien doléances et injures de la part des détenus. Mais ce qui est particulier à Namur c’est qu’on va d’abord discuter avec le détenu pour aplanir les choses en cas de situation problématique. Les moyens techniques, chez nous, ce n’est pas la panacée. On investit beaucoup dans le relationnel avec les détenus, on les voit, ce qui est un facteur de sécurité essentiel." Ceci dit, la prison de Namur, construite en 1870, est une des plus anciennes de Belgique. Et n’échappe pas au problème crucial de la surpopulation, "elle est même l’une des plus surpeuplées du pays" , note le directeur.

Maison d’arrêt à la base, elle comprend cent vingt cellules. Or elle compte quelque deux cent six détenus. "On est même monté jusqu’à deux cent vingt, c’est tout à fait dramatique; dix pour cent d’entre eux peuvent être considérés comme vraiment dangereux."