Les agriculteurs devront acheter plus d’aliments pour nourrir leurs bêtes.

La météo clémente de ces derniers mois ne fait pas que des heureux dans le monde de l’agriculture. Si c’est surtout en Gaume ou du côté d’Arlon que la situation est assez critique, on retrouve aussi quelques exploitants agricoles dans la région du Centre-Ardennes qui sont embêtés par ce climat doux et assez inhabituel. Laurent Nélisse témoigne. Il possède, avec son père et sa sœur, environ 240 bêtes (90 vaches et 150 moutons) dans le village d’Ochamps (Libin). "On se plaint mais moins qu’à Virton ou Arlon. Je parlais récemment avec un confrère gaumais. Il ne récoltera probablement rien cette année, contrairement à nous. Pourquoi ? Nous avons quand même un peu de chance dans la région de Libramont ou de Bertrix. Nos terres sont moins sèches que celles qui se trouvent du côté de Virton. Notre sol est moins sablonneux. On a donc une terre plus riche qui dure plus longtemps. À titre d’exemple, le sol est sec en Gaume vers le 1er juillet. Chez nous, c’est plutôt vers le 21 juillet que ça devient dur", dit-il.

Une situation compliquée

En Gaume par exemple, le manque de pluie a causé pas mal de ravages. L’herbe se fait rare, les bêtes ne parviennent plus à être abondamment nourries. "La situation est compliquée, même chez nous. C’est du jamais-vu ici. En 30 ans, je n’ai jamais connu pareille situation. Je n’ai qu’à regarder derrière mes prairies, le niveau de la rivière n’a jamais été aussi bas, aussi longtemps."

Des frais supplémentaires

Vous l’avez compris, les finances vont trinquer en fin d’année. Et ce, pour la troisième année consécutive. Laurent va devoir acheter des aliments pour nourrir une partie de ses bêtes durant l’hiver. Pas le choix. "D’habitude, on réalise trois coupes (pour le fourrage) par an. Cette année, on n’en a réalisé que deux. Nous devrons donc faire face à des dépenses supplémentaires qui sont de plus en plus élevées. On voit la différence ces trois dernières années. Il faut compter entre 3 000 et 4 000 euros en plus dans notre budget annuel, rien que pour acheter ces aliments", conclut-il. Seul lot de consolation dans son chef, les récoltes de maïs/céréales ont quand même pu se faire sans trop de problèmes cette année. Laurent a pu planter plus tôt, pour également récolter plus tôt.