Apiculteur depuis plus de 30 ans, le Houffalois André Lamborelle est inquiet. En cause ? La dégradation et la disparition accélérée de ses abeilles. "Cette année, j’ai perdu sept colonies d’abeilles sur huit", déplore-t-il. "Il ne me reste qu’une survivante. Je crains qu’elle ne passe pas l’hiver. D’autres apiculteurs ont déjà perdu 30, voire 40 ruches. Nos abeilles sont gravement menacées !"

C’est un cri de révolte et de désespoir que le Houffalois lance. "Les bonnes années, je récolte en moyenne une soixantaine de pots de miel", poursuit-il. "Cette année, j’en ai une dizaine. Le miel est excellent pour la santé. J’en mange chaque matin. Cette perte est, pour moi, catastrophique."

Selon l’apiculteur, implanté à Mont, les conditions météo défavorables n’expliquent qu’en partie la hausse de la mortalité. "La météo affecte la vie de la colonie. Après un printemps pourri, nous avons eu un été en demi-teinte, avec un mois de juillet pluvieux, suivi d’un mois d’août relativement ensoleillé. La pollinisation n’a pas pu se faire normalement. A cela s’ajoute d’autres causes extérieures, comme les pesticides et le varroa."

Selon le Houffalois, les abeilles ne sont pas les seules à être menacées. La biodiversité est en péril. Il tire la sonnette d’alarme. "J’ai décidé de m’exprimer à ce sujet, d’une part, pour sensibiliser le plus grand nombre à la problématique, d’autre part, pour faire réagir les responsables politiques. Il faut supprimer les pesticides et utiliser les engrais de manière raisonnée. C’est toute la nature et donc, nous-mêmes, qui sommes concernés."

Pierre Paulus, secrétaire trésorier de la fédération provinciale de l’apiculture, estime, lui aussi, que la situation est préoccupante. "Cette année, la production en miel a été de huit fois inférieure à ce qu’elle est une année normale. Les apiculteurs vont devoir changer leurs méthodes s’ils veulent continuer leur activité."

Une pétition a été mise en ligne sur le site www.pollinis.org.