En six ans à peine, le paysage commercial de la province de Luxembourg a fortement évolué. Pour l’étudier et coller au mieux à la réalité du terrain, un observatoire du commerce a été lancé l’an dernier. Il vient de livrer son premier rapport et ses recommandations. Premier constat, le sud de la Belgique a enregistré une explosion du nombre de mètres carrés commerciaux, avec le développement de plus de 100 000 m2 en cinq ans pour un total de 500 000 m2. La palme revient à Arlon avec un gain de 44 000 m2, dû principalement à l’arrivée d’Ikea et à l’aménagement du parc de l’Hydrion. Suivent Libramont (+18 000 m2) et Marche-en-Famenne (+16 000 m2). "Autre enseignement, on enregistre une diminution du nombre de commerces. 126 ont disparu depuis 2003", note Philippe Ledent, vice-président de l’UCM Lux. "Les chutes les plus importantes se sont produites à Vielsalm, Marche et Bastogne. En clair, les petits commerces tendent à diminuer au profit de surfaces plus grandes, souvent installées en périphérie. C’est une évolution européenne. Le petit commerce n’a plus la taille nécessaire pour être concurrentiel." On apprend encore que le nombre de cellules vides est en augmentation. Depuis 2003, on constate une hausse moyenne de 34 %. Les plus forts taux s’observent à Marche, Durbuy et Bastogne.

En province de Luxembourg, en moyenne, une cellule sur huit est vide. A Neufchâteau, on atteint un rapport de un sur cinq. Evolutif, l’observatoire doit servir tous les acteurs du commerce : les communes, les associations de commerçants et les commerçants eux-mêmes. Treize communes ont été analysées. Elles couvrent 70 % de l’offre commerciale provinciale. En 2010, dix nouvelles communes seront analysées, de même que le commerce dispersé. Par ailleurs, ces résultats s’intègrent dans l’étude menée actuellement par les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) de Lorraine française. Une grande étude sur les flux commerciaux, remarquable par son ampleur, qui concerne à la fois la Lorraine, l’Allemagne, la Belgique et le Luxembourg, soit 130 zones d’achats. En termes de recommandations, l’observatoire met l’accent sur la nécessité de développer des "bons m²" en milieu urbain et de renforcer l’attractivité du commerce en centre-ville.

Une des grandes conclusions concerne l’absolue nécessité de limiter le développement commercial périphérique. Surtout dans le sud de la province où on atteint la zone rouge en matière de m2 commerciaux par habitant.