L'histoire de Rudy Aleotti, 37 ans, n'est pas banale. Restaurateur à Durbuy, marié et père de famille, il a tout pour être heureux. Sa vie bascule en 2004 lorsque son médecin lui annonce qu'il est atteint de cardiomyopathie hypertrophique, une maladie qui provoque le vieillissement prématuré du coeur. «A 35 ans, j'avais le coeur d'un homme de 80 ans, raconte-t-il. La transplantation était ma seule chance de survie.»

Aucune association

Le Durbuysien, inquiet, tente d'en savoir plus sur les greffes d'organes. En surfant sur le net, il découvre qu'aucune association n'existe dans la partie francophone du pays. Il décide alors d'en créer une. L'ASBL ASDOR (Association de sensibilisation pour les donneurs d'organes et les receveurs) était née.

Le 9 décembre 2005, l'attente prend fin pour Rudy. La transplantation se déroule parfaitement.

Après une convalescence de quelques semaines, le Durbuysien est à nouveau en pleine forme, prêt à se consacrer pleinement à l'association qu'il a créée. La sensibilisation du citoyen au don d'organes n'est pas le seul objectif poursuivi. ASDOR entend, par ailleurs, soutenir moralement les greffés et les patients en attente d'une greffe, mais également développer des liens d'amitié et d'entraide entre eux. «L'occasion m'a déjà été offerte de soutenir deux familles, dans les communes de Durbuy et d'Erezée. J'ai répondu aux nombreuses questions que les patients et leur entourage se posaient.»

Des contacts ont été pris avec les administrations communales pour qu'une information, claire et précise, soit donnée, via des affiches et des dépliants, aux citoyens qui renouvellent leur carte d'identité. «Je ne veux, évidemment, forcer personne à remplir une déclaration de donneur, mais simplement permettre au plus grand nombre d'être informé correctement», se défend-il.

Infatigable, Rudy se rend dans les écoles et les hôpitaux. Il organise, par ailleurs, diverses activités pour récolter de l'argent. Le prochain rendez-vous? Un spectacle présenté par le théâtre de la Vie en rose, le 1er avril à Barvaux. Qu'on se le dise...

© La Libre Belgique 2006