L’intéressé nie, mais les coïncidences sont troublantes.

Patrick (prénom d’emprunt), travaille depuis 27 ans à la police de la route. Il est aujourd’hui accusé d’avoir détourné une somme de 4.100€ provenant de perceptions immédiates adressées à des conducteurs étrangers. Les sommes sont introuvables, mais le policier nie farouchement les avoir volées.

« Pour réaliser ces perceptions, nous disposons de carnets dans lesquels elles sont répertoriées.Un vol à un lieu dans un des postes où je travaillais en 2013. Parmi les objets volés dans le bâtiment, on m’a dérobé ma mallette qui contenait mon carnet, 800 euros de perceptions et une souche attestant d’une perception par terminal bancaire de 2400 € . J’ai immédiatement signalé ce vol à mon supérieur. En 2015, j’ai été suspendu 2 mois car j’avais consulté le registre national. La gestion de mes dossiers a à ce moment été reprise par le commissaire. A mon retour, le carnet avait disparu et il a été retrouvé dans mon casier dans une autre unité de la province. Je n’y comprends rien : j’ai manipulé des dizaines de carnets depuis le début de ma carrière sans qu’il n’y ait de problème. »

Patrick travaille aujourd’hui toujours à la police de la route, où il manipule toujours des carnets de perception. La dénonciation est venue de son chef de service en 2017. Complot, machination ?Le parquet explique : « Dans un carnet figuraient 7 transactions qui n’étaient liées à aucun fait connu ou ayant fait l’objet d’un PV. C’est interpellant. Les faits sont qualifiés d’abus de confiance mais devraient être requalifiés en détournement par fonctionnaire public. Si le tribunal estime les faits établis, je demande la confiscation par équivalent de 4.100€ et un an de prison qui pourrait être assortis d’un sursis. »

L’avocat de Patrick va droit au but : « Des devoirs complémentaires d’enquête ont été demandés au comité P mais n’ont pas été réalisés. Les droits de la défense n’ont pas été respectés, les poursuites sont irrecevables et le doute est bien présent. Des vérifications auraient permis de mettre mon client hors de cause. Je demande l’acquittement au bénéfice du doute et, à titre subsidiaire, la réalisation des devoirs d’enquête supplémentaires. »

Jugement le 4 octobre.