La ferme de Tricointe, actuellement bien communal, accueille une partie de l’atelier des travaux ainsi que l’unité scoute. L’endroit a été mis en vente pour 700 000 euros. Un promoteur immobilier projette d’y installer 25 appartements. La vingtaine d’habitants du hameau a décidé de se faire entendre, notamment à travers une pétition qui a récolté une petite centaine de signatures.

Albert Hubert habite à Tricointe depuis près de 50 ans, un endroit qu’il a choisi pour son calme et son cadre bucolique. Le hameau compte tout au plus une vingtaine d’habitants. La ferme de Tricointe est à la base du hameau, elle a été bâtie en 1780, ce n’est qu’ensuite que des maisons ont poussé autour d’elle.

"On voudrait faire de cette merveille de notre patrimoine un ghetto pour citadins, qui se retrouveraient littéralement parqués dans des cages à lapins, sans balcons ni jardinets. La commune, pour sa part, ne voit que son intérêt financier, à travers la vente de ce lieu à un promoteur. Ce projet est abominable."

Les arguments des opposants au projet sont nombreux. Ceux-ci redoutent une augmentation de 350 % de la population du hameau, avec tout ce que cela implique en termes de désagréments traduisant une fracture entre ruraux et citadins. Le bruit émanant des voitures, des quads, des mobylettes et des enfants est ainsi mis en avant.

L’augmentation du trafic l’est tout autant. La route de Tricointe, étroite, débouche sur un carrefour dangereux à cinq embranchements. L’impact paysager est également évoqué à travers, notamment, la modification de l’enveloppe du bâtiment, une ferme condruzienne typique, ou la création d’un parking amené à pouvoir accueillir une quarantaine de véhicules. L’enquête publique vient de se terminer.

Le projet sera analysé dans le courant de la semaine par la CCATM, qui remettra un avis avant que le collège ne se prononce sur le dossier. Ovide Monin, bourgmestre d’Yvoir, précise que le projet a été approuvé par le conseil. Suite à un appel à projets, un jury a décidé d’accorder son aval au projet qui est en question aujourd’hui.