Constat interpellant à la suite de l’annonce des résultats du 8e Concours pour jeunes saxophonistes : seul un participant, parmi les 41 qualifiés, représentera la province de Namur lors de la demi-finale.

Autre constat, il y a en moyenne un francophone qualifié pour trois néerlandophones. Ces constatations ne datent pas d’hier et ne sont pas uniques à ce 8e concours.

Alain Crepin , professeur au Conservatoire de Bruxelles et président du jury du concours de Dinant, nous a livré son point de vue quant à cette disparité nord/sud. "C’est comme ça depuis que le concours a été lancé. Mais j’ai vu que d’année en année, le nombre de participants wallons diminuait. La population flamande est premièrement plus élevée qu’en Wallonie, il y a donc plus de saxophonistes. Certains professeurs viennent avec toute une classe au concours, ce que font très rarement les professeurs wallons. De plus, ce concours tombe pendant les vacances scolaires et les parents namurois préfèrent généralement partir en vacances."

Mais ce n’est pas tout. Si le nombre de participants namurois n’est jamais très élevé, c’est également par un manque de motivation. "On dispose de bons centres de formation qui ne s’impliquent pas assez. Je regrette par exemple, pour cette année, la non-participation du Conservatoire de Namur. Côté dinantais, seuls trois élèves de l’Académie de Dinant étaient présents."

Comment expliquer ce manque de motivation ou ce manque d’intérêt pour un concours national ? "Simplement parce que, selon moi, le temps des concours est révolu pour les Wallons. Or, il ne s’agit pas uniquement de jouer du saxophone ici. Dans une compétition, il y a les échanges entre candidats et les rencontres qui ne peuvent qu’être bénéfiques aux saxophonistes."