Il y a quatre ans, Michel Lequeux, conseiller technique en écoconstruction, a décidé de construire sa maison sur le modèle des maisons basse énergie "qui consomment 20 KW/heure/m2, ce qui équivaut à chauffer une surface de 200 m2 avec moins de 500 litres de mazout pour une année. Ce type de construction se situe entre la maison traditionnelle et la maison passive qui consomme moins de 300 litres de mazout par an. Quatre éléments la caractérisent : une forte isolation, l’absence de pont thermique, l’étanchéité à l’air et une bonne ventilation", affirme l’écoconseiller. Durant les grands froids de ce mois de janvier, Michel et sa famille ont éprouvé les qualités de leur maison bâtie sur les hauteurs de Malonne.

"Quand il faisait moins 10° à l’extérieur, nous avions 21° de température dans la maison sans que les radiateurs ne fonctionnent. Dans une maison basse énergie ou passive, les besoins en chauffage sont moins grands quand il fait froid grâce aux rayons du soleil."

La maison ne compte en tout et pour tout que trois radiateurs. Le double vitrage est hautement isolant (coefficient 1.1 kw/m2) et les grandes baies vitrées sont orientées vers le sud. "Nous utilisons ce que la nature nous offre gratuitement, à savoir le soleil, tout en évitant les problèmes de surchauffe en été quand le soleil donne sur la façade ouest vers 18h."

Construite en mitoyenneté avec leur première habitation, la maison "basse énergie" est intégralement construite avec des matériaux écologiques "dont le prix est équivalent, voire inférieur aux autres matériaux et qui ont l’avantage de n’être nocifs ni pour les habitants de la maison ni pour la planète". Son ossature est en bois et ses murs contiennent une épaisseur de 27 cm d’isolant en laine de cellulose (papier journal recyclé). Le choix du bardage (le revêtement extérieur) s’est porté "sur le cèdre pour ses qualités de durabilité et de résistance : 40 à 60 ans sans traitement". Sa toiture plate a l’avantage de présenter une surface moindre à isoler et est donc plus efficace.

"L’étanchéité à l’air est primordiale. Le manque d’étanchéité d’une maison absorbe 30pc des besoins énergétiques. Des membranes d’étanchéité permettent d’éviter les pertes par exfiltration tout en assurant la migration de la vapeur d’eau. La maison est notre troisième peau et il importe que les matériaux soient respirants."

Quant à la ventilation, elle est organisée avec récupération de chaleur. "L’air entrant passe par un puits canadien creusé à 2 m de profondeur, où la température est constante à 13° et les calories de l’air vicié extrait sont récupérées, ce qui diminue les besoins en chauffage."

L’écoconseiller critique les campagnes de subvention des panneaux photovoltaïques à destination d’habitations qui consomment 3500 KW/an : "Avec un investissement de 20 000 euros, on peut diminuer d’un tiers ses besoins en énergie. Un euro investi dans l’isolation est trois à quatre fois plus rentable qu’un euro investi dans de l’équipement, car il produit son effet toute la vie. L’argent public devrait donner les moyens aux gens de mieux isoler leur habitation. Sans compter que lorsqu’il y a subsidiation, les prix des équipements montent en flèche."

Aujourd’hui, vu la multiplication par trois du coût de l’énergie, l’écoconseiller choisirait de construire une maison passive "car l’investissement que je ferais aujourd’hui pour ce type de maison serait réduit à sept ans au lieu de vingt-cinq ans".

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