L’édifice a été mis au jour grâce aux fouilles qui accompagnent le terrassement du futur palais de justice. La tour, appelée "boulevard" en langage archéologique, mesure environ quatre mètres de diamètre et a été conservée sur deux mètres de hauteur.

"Elle servait à protéger Namur des assauts de boulets de canon, sa plateforme pouvant aussi accueillir les canons de défense en cas d’attaque", explique Marie Verbeek, archéologue à l’Awap.

La présence d’une telle construction n’est pas une réelle surprise puisqu’elle figurait sur des plans militaires de l’époque. En revanche, les archéologues ne s’attendaient pas à un si bel état de conservation. Plusieurs murs d’enceinte de l’époque médiévale ont également été découverts. À proximité, l’Awap a aussi mis en évidence un bastion de type Vauban datant du XVIIe siècle, remontant à la conquête de la ville par Louis XIV.

Compte tenu de la construction du palais de justice, ces vestiges ne seront pas conservés. En revanche, ils viennent compléter le puzzle de l’histoire de la capitale wallonne, autrefois au centre de nombreux conflits.

Les fouilles se poursuivront pendant environ deux semaines, jusqu’à la fin des travaux de terrassement. De nouvelles découvertes pourraient donc être réalisées sous le futur palais de justice, comme sur le chantier des Casernes qui le jouxte. "Là, nous sommes dans l’inconnu total car nous travaillons sur des niveaux qui n’ont pas conservé de trace au niveau iconographique", a précisé Marie Verbeek.