Namur-Luxembourg

La détermination de Lucien Dislaire ne faiblit pas. Plus de 20 ans après l’attaque de la caserne de Vielsalm, il tente d’élucider cette affaire. Les mêmes questions le taraudent : qui a commis les faits et pourquoi ? "J’ai été inculpé en 1985 comme auteur, co-auteur, complice ou instigateur de l’attaque de la caserne et de tentative d’assassinat sur la personne de Carl Fresches, le sous-officier de garde", rappelle-t-il. "L’enquête s’est clôturée par un non-lieu mais, tant qu’on n’a pas trouvé les auteurs, je reste aux yeux du public le coupable."

En juin 2008, pour laver son honneur, le Houffalois a écrit, en collaboration avec le commandant Jean-Claude Marlair, en poste à la caserne de Vielsalm en 1984, une lettre ouverte dans laquelle il demandait la réouverture du dossier sur base de la loi antiterroriste. "Le commandant Marlair avait reconnu les méthodes employées lors des tueries du Brabant wallon. Un lien aurait pu être fait, par ailleurs, avec les CCC, auquel cas il y avait prescription après 30 ans et non 20. Mais la prescription a été retenue et le dossier n’a pas été rouvert."

Reste que cette lettre a permis à son auteur d’avoir accès au dossier. "J’ai découvert que le commando, que j’avais conduit en bus à Farnières, ne se trouvait pas à la caserne, dans la nuit du 12 au 13 mai 84. A la dernière minute, il a été dirigé vers Longlier. Il est probable qu’un autre commando ait pris la place de ces hommes." Rappelons qu’en mai 1984, Lucien Dislaire participait, comme d’autres civils, aux manœuvres interalliées "Oesling" .

Il n’était pas un enfant de cœur. "J’ai purgé une peine de quatre ans de prison à Saint-Hubert pour avoir refilé des tuyaux lors d’une attaque de fourgon", admet-il. "Par la suite, j’ai été condamné pour escroquerie. Des faits que je n’ai jamais niés. Par contre, j’ai toujours nié l’attaque de la caserne. J’avais accepté le rôle de partisan par civisme."

Le 20 mars, "Devoir d’enquête" (RTBF) reviendra sur cette affaire, dans l’émission de José Dessart : "Vielsalm, la nuit des commandos" .