Fraude sportive, notion floue

En Italie, Marco Pantani a été condamné pour "fraude sportive". Mais qu'est-ce que cela signifie en réalité, et quelles sont les autres personnes qui doivent craindre la justice ?

Pantani à peine condamné, l'Italie attend qu'un juge décide (il le fera le 25 janvier) s'il y a lieu de renvoyer devant un tribunal seize personnes impliquées dans une affaire de dopage chez des sportifs de haut niveau. L'affaire, instruite depuis 1998 par le parquet de Bologne concerne notamment Michele Ferrari, un médecin soupçonné d'avoir administré des substances interdites à plus d'une vingtaine de cyclistes professionnels et le pharmacien Massimo Guandalini, accusé d'avoir fourni ces substances à plusieurs fédérations sportives.

Par ailleurs, une enquête du parquet de Ferrare a révélé récemment que le professeur Francesco Conconi était impliqué dans une autre vaste affaire de dopage impliquant au moins 63 athlètes de haut niveau. M. Conconi et sept autres médecins ont été inculpés fin octobre de fraude sportive pour avoir administré systématiquement, pendant des années, de l'EPO aux athlètes qui fréquentaient le centre.

Telle quelle, la notion de fraude sportive n'existe pas en droit belge. On ne sait d'ailleurs trop si Marco Pantani a été condamné pour dopage ou s'il l'a été parce que, s'étant dopé, il a faussé la course Milan-Turin du 18 octobre 1995. Les motivations du jugement ne seront, en effet, connues que dans une quinzaine de jours.

En Belgique, un décret de la Région flamande permet de poursuivre devant les tribunaux pénaux les sportifs qui auraient eu recours à des produits dopants. En Communauté française, il n'y a pas de contrôles. S'agissant de la corruption, une loi récente permet de sanctionner la corruption privée alors que précédemment seule la corruption de fonctionnaire était punissable.

Mais tout cela nous éloigne de l'affaire Pantani. (J.-C.M.)

© La Libre Belgique 2000