Le pirate clame son innocence

Le coureur italien Marco Pantani (Mercatone-Uno), condamné lundi à trois mois de prison avec sursis pour fraude sportive par le tribunal de Forli (nord), a clamé son innocence au lendemain de la sentence prononcée par la juge Luisa Del Bianco.

J'irai jusqu'au bout pour prouver mon innocence. Mais entre-temps on m'a fait du mal, a déclaré le Pirate de Cesenatico qui s'entraîne avec son équipe à Riccione, sur la côte adriatique.

Je laisse aux autres le soin de juger ce que l'on m'a fait. Ils sont en train d'essayer de me décourager, mais ils se trompent lourdement, je continue mes programmes d'entraînement et de courses et le temps me donnera raison, a affirmé le coureur.

Il a confirmé qu'il donnait carte blanche à ses avocats pour prouver l'injustice dont il a été victime.

Comment peut-on arriver à condamner quelqu'un sans preuve. J'ai été condamné sur des hypothèses. Le procureur avait requis mon acquittement, j'ai subi des centaines de contrôles négatifs dans ma carrière. De toute évidence, la justice n'est pas la même pour tous, a ajouté Pantani.

Si Pantani a été condamné sans preuve et sans avoir jamais subi un contrôle positif, que doit-on faire avec tous ceux qui sont reconnus positifs, les condamner à vie? s'est interrogé Felice Gimondi, président de l'équipe.

Le double vainqueur du Giro et du Tour de France 1998, était accusé d'avoir utilisé des produits dopants, dont l'EPO, lors de la classique Milan-Turin, le 18 octobre 1995, où il avait été victime d'une lourde chute.

Lors de son admission à l'hôpital de Turin, les médecins avaient en effet décelé un hématocrite très élevé de 60,1pc, nettement supérieur au taux limite de 50pc, fixé par les règlements de l'Union cycliste internationale (UCI).

Lundi, Marco Pantani avait donc été condamné à trois mois de prison avec sursis. Le procureur avait requis l'acquittement de Pantani, mais il n'a pas été suivi par le juge.

La position du Pirate s'était aggravée lors de la quatrième audience du 28 novembre et de la déposition du professeur Massimo Cartesegna, médecin-chef du service des urgences qui avait fait part au juge de ses soupçons sur Pantani.

Le Pr Cartesegna, qui avait opéré Pantani, avait expliqué avoir constaté des brusques mouvements en yo-yo de l'hématocrite du coureur en l'espace d'une journée, pouvant laisser croire à une absorption d'EPO.

Pantani qui a toujours nié avoir fait usage d'EPO durant sa carrière avait justifié son hématocrite trop élevé par la déshydratation au retour d'un séjour en altitude en Colombie, avant la course Milan-Turin.

En juin 1999, le coureur romagnol en maillot rose avait été interdit de départ à l'avant-dernière étape du Giro, à Madonna di Campiglio, pour un taux d'hématocrite de 52pc.

(D'après AFP)

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