Je n'ai jamais organisé le dopage

PHILIPPE VANDENBERGH

ÉCLAIRAGE

Demain vendredi sera rendu le verdict dans le procès Festina au tribunal de Lille. Est-ce le climat délétère ou le manque d'os à ronger en cette période d'intersaison qui ont poussé un quotidien belge d'expression néerlandophone à repasser les plats dans l'affaire dite Vandenbroucke (Jean-Luc) ? Toujours est-il qu'il convient de faire retomber le soufflé.

Le (mé)fait d'abord. Mercredi matin, ce journal annonçait la confirmation officielle de l'inculpation de Jean-Luc Vandenbroucke, l'ex-directeur sportif de l'équipe Lotto, dans le cadre de l'instruction le concernant cherchant à savoir s'il y a eu des jeux comptables aux fins de dissimuler l'achat et donc la prise de produits dopants.

De là à parler d'affaire Festina à la belge, c'est-à-dire un dopage organisé au sein de l'équipe, il n'y a qu'un pas d'autant plus rapidement franchi par certains que le crédit du cyclisme est actuellement au plus bas. Difficile dès d'éviter les amalgames.

RIEN DE NEUF AU PARQUET

On identifie moins, en revanche, la mouche qui a piqué notre confrère. Pour Jean-Luc Vandenbroucke, en tout cas, il n'y a absolument rien de neuf. On connaît ces chefs d'inculpation depuis le mois de mai, nous a-t-il dit au téléphone. Il ne peut y avoir de confirmation dans la mesure où cela n'existe pas dans la procédure. Il y a actuellement une instruction, à charge et à décharge. Point à la ligne.

Au Parquet de Tournai, on nous a effectivement confirmé que rien de neuf n'avait été joint au dossier et qu'aucune signification précise n'avait été faite par le juge Buisseret, en charge de l'affaire, à Jean-Luc Vandenbroucke.

On sait qu'elle remonte à 1997 et plus précisément au licenciement sine die du coureur kazakh Djamolidine Abdoujaparov, lors d'un contrôle positif à Marennes. Son soigneur suivit le même chemin et l'on peut voir là l'origine d'une plainte.

Des perquisitions ont eu lieu à l'ancienne société de Jean-Luc Vandenbroucke qui s'occupait également de la gestion administrative de l'équipe, ce qui, à la Loterie Nationale, n'était pas non plus du goût de tout le monde. La reprise en mains par Christophe Sercu (le fils de Patrick) allait en apporter la preuve édifiante.

Jamais au grand jamais, je n'ai organisé quoi que ce soit dans mon équipe concernant le dopage, soutient Jean-Luc Vandenbroucke. La seule chose que l'on peut me reprocher c'est une facture d'un des membres de mon staff où apparaît l'achat de deux produits illicites.

À l'heure où l'ex-mentor des Lotto essaie de remonter une équipe pro dans un climat qui n'incite déjà pas trop les sponsors à l'optimisme, ces informations sans fondement, relayées ipso facto par la radio, porte un tort considérable à l'image de quelqu'un qui fait juste l'objet d'une instruction.

Dès lors la question se pose: à qui profite le crime ?

© La Libre Belgique 2000