En bref

Richard Virenque, pour qui le procureur a proposé la relaxe, et huit autres prévenus du dossier Festina seront fixés sur leur sort ce vendredi à 14h00, heure à laquelle le tribunal correctionnel de Lille rend son jugement.

Après trois semaines d'un procès agité en octobre, le premier procureur adjoint au tribunal de Lille, Gérald Vinsonneau, avait estimé qu'aucune charge ne pesait contre le champion varois.

Pour lui, le reproche fait à Virenque d'avoir été le complice de l'organisation d'un trafic de produits dopants chez Festina ne résiste pas à l'examen des faits.

Le président Daniel Delegove, qui connaît bien le vélo, ce qui l'a aidé à conduire les audiences avec méthode, pédagogie et sérénité, a délibéré avec ses deux assesseurs durant plusieurs jours pour motiver son jugement.

Deux options sont possibles: suivre les recommandations du procureur ou démontrer que Virenque était instigateur et complice du dopage chez Festina.

PAS DE POURSUITES POUR LES SPORTIFS

Car si le quintuple meilleur grimpeur du Tour de France a reconnu le 27 octobre s'être dopé, après deux ans de dénégations, le code pénal ne prévoit pas de poursuites contre les sportifs qui se dopent. Il sanctionne seulement les instigateurs et les complices des filières de dopage.

En revanche, sur le plan sportif, Virenque, sixième de la Grande Boucle cet été, devrait être suspendu en 2001 pour une période de six mois à un an par la Fédération suisse, auprès de laquelle il est licencié.

Lors du réquisitoire, Gérald Vinsonneau a refait l'historique de l'affaire depuis le 8 juillet 1998, quand Willy Voet, ancien soigneur de Festina, fut interpellé par des douaniers sur une route de campagne près de la frontière franco-belge, alors qu'il convoyait une cargaison de produits dopants vers Dublin, où devait être donné le départ du Tour (lire notre reportage ci-contre).

Contre Willy Voet, le représentant du ministère public a réclamé 14 mois de prison avec sursis et 20.000 francs d'amende.

Il avait eu la main plus lourde à l'encontre de Bruno Roussel, ancien directeur sportif chez Festina, en proposant au tribunal de le condamner à 18 mois de prison avec sursis et à 50.000 francs français d'amende.

Bruno Roussel fut pourtant le premier, en pleine Grande Boucle 98, à reconnaître que les coureurs de la formation andorrane prenaient des substances illicites sous surveillance médicale pour éviter le développement d'un approvisionnement personnel et sauvage.

Mon client passe en tête des réquisitions mais c'est normal. Depuis le jour où il a décidé de dire la vérité, il sait qu'il va être condamné. Mais il a la conscience tranquille, trouve le sommeil et peut se regarder dans une glace, avait rapporté son avocat, Me Thibault de Montbrial.

Contre les six autres prévenus, il a requis de légères peines de prison toujours assorties d'un sursis total. Les peines s'échelonnent de deux mois à un an, et les amendes de 10 à 20.000 francs français. Tous ont bénéficié, et c'est un paradoxe, de la généralisation du dopage dans le cyclisme.

(REUTERS)

© La Libre Belgique 2000