La saison débute samedi

Savez-vous combien de coureurs ont une licence UCI pour 2001? 1457, exactement contre 1477 l'an dernier. C'est dire si le cyclisme est loin d'être mort. Disons qu'il est plutôt malade ou positivons convalescent

PAR PHILIPPE VANDENBERGH

ANALYSE

Savez-vous combien de coureurs ont une licence UCI pour 2001? 1457, exactement contre 1477 l'an dernier. C'est dire si le cyclisme est loin d'être mort. Disons qu'il est plutôt malade ou positivons convalescent.

Les dernières statistiques en provenance de Lausanne révèlent aussi que 820 coureurs sont restés dans le même groupe sportif, ce qui est le gage d'une certaine stabilité et que 298 ont changé de formation alors que 260 coureurs sont des néo-pros ce qui est le signe d'une certaine vitalité. En revanche, c'est moins drôle pour les 117 coureurs qui n'ont pas retrouvé d'équipe cette saison et pour les 32 pros qui ont décidé de raccrocher.

De quoi dès lors sera faite la saison 2001? De ce que les coureurs en feront, évidemment. C'est la raison pour laquelle nous allons passer en revue les principaux mouvements de l'intersaison qui a été, on le sait, plus animée que de coutume.

FILS D'EDDY ET D'UN PAYS

Les tendances belges vous seront détaillées dans notre édition de demain mais l'arrivée de l'équipe Domo-Farm Frites constitue certainement un événement d'importance. Pour réaliser son rêve de bâtir une équipe belge performante, Patrick Lefevere a pris le risque de quitter la direction de la Mapei, réputée jusque-là la meilleure équipe du monde. Non seulement il a convaincu le champion du monde en titre Romans Vainsteins de le rejoindre, mais il a en outre emmené dans ses bagages Johan Museeuw et Axel Merckx, les deux compères qui avaient si bien travaillé pour que le fils d'Eddy s'empare du maillot national à Rochefort.

A nouveau touché par la guigne, le premier a travaillé tout l'hiver pour revenir au niveau qui fut le sien alors que le second va pouvoir développer toute l'étendue de ses moyens. On devrait en reparler pendant les classiques printanières, par exemple à Meerbeke, Roubaix ou Liège. Y verra-t-on Franck Vandenbroucke? Rien n'est moins sûr. Passé à l'équipe italienne de La Lampre, il doit réapprendre le métier et, accessoirement, la modestie. Sa méforme persistante a d'ailleurs amené sa formation a déclaré forfait pour Paris-Nice.

Sur le plan international, il n'est pas trop malaisé d'épingler les foyers d'incendie, entendez ceux qui ont envie, pour des raisons diverses, de mettre le feu au peloton. Par exemple Stefano Garzelli. Le vainqueur du Giro 2000 a quitté la Mercatone Une et l'ombre de Marco Pantani (tiens, où en est-il celui-là?) pour la puissante Mapei, qui n'a jamais gagné un grand Tour. Sera-ce pour cette année? La formation du dottore Squinzi voit également arriver le talentueux espagnol David Canada et revenir Franco Ballerini, qui rêve de derniers bouquets avant d'intégrer le staff transalpin.

JALABERT CHEZ BJARNE RIIS

En Espagne, où Banesto est devenu Ibanesto.com, Manolo Saiz a décidé de rajeunir ses cadres. Exit donc Jalabert, qui a trouvé refuge dans l'équipe danoise CSC-World Online dirigée par Bjarne Riis, démontrant par là qu'il se fout du qu'en dira-t-on. Ce qui permet à Joseba Beloki, 3e

du Tour l'an dernier, de prendre sa place encore chaude à la Once. On crut longtemps que Roberto Heras, vainqueur de la Vuelta, allait prendre le même chemin, mais l'Espagnol a choisi d'aider Lance Armstrong dans la montagne. Certes, l'Américain s'est fâché avec la France suite à des accusations un peu faciles mais il n'a toutefois pas renoncé au Tour qu'il envisage de gagner pour la troisième fois consécutive.

Tout ce beau monde, ou presque, se retrouvera, du 11 au 18 mars, à Paris-Nice qui aura rarement bénéficié d'un plateau aussi relevé.

Puis ce sera l'enchaînement habituel des classiques du Printemps comptant pour la Coupe du Monde, enlevée cette année par Erik Zabel avec Milan-Saremo (le samedi 24 mars,) le Ronde (le dimanche 7 avril), Paris-Roubaix (le dimanche 15), Liège-Bastogne-Liège (le dimanche 22) et l'Amstel (le samedi 28).

Au vrai, ce sera la dernière fois que ce cas de figure se présentera puisque dès l'an prochain, le calendrier sera revu avec, notamment, l'Amstel placée plus tôt, la Doyenne prenant sa place à la fin des classiques printanières. Mais l'effort, lui, restera le même. Ce qui fait, finalement, tout le charme du cyclisme. Même à l'aube du troisième millénaire.

© La Libre Belgique 2001