Paris-Nice, la course au soleil

Paris-Nice, sous l’impulsion de son directeur Laurent Fignon, joue résolument l’ouverture en matière cycliste pour sa 68e édition, qui part, dimanche, de Nevers. La «course au soleil», premier grand rendez-vous de la saison des épreuves par étapes, garde un profil favorable aux attaques et espère un scénario animé

Paris-Nice, sous l’impulsion de son directeur Laurent Fignon, joue résolument l’ouverture en matière cycliste pour sa 68e édition, qui part, dimanche, de Nevers. La «course au soleil», premier grand rendez-vous de la saison des épreuves par étapes, garde un profil favorable aux attaques et espère un scénario animé. «Tout est fait pour une course de mouvement», résume Laurent Fignon, vif partisan de l’offensive lorsqu’il était coureur (1982-1993).

Le parcours, dénué de grand col -le Mont Ventoux est escaladé jusqu’au Chalet Reynard- mais le plus souvent vallonné, et le nombre record d’équipes (23 formations invitées), doivent appuyer la tendance et contribuer au renouvellement entrevu dans les courses de début de saison. «Les jeunes passent à l’attaque, on dirait que les Français sont décomplexés», note Vincent Lavenu, directeur sportif de l’équipe AG2R qui évoque des noms de coureurs d’autres formations (Casar, Lamouller, Salanson, etc).

Le contre-la-montre du col d’Eze à la veille de l’arrivée avantage toutefois les rouleurs s’ils savent déjouer les embûches des étapes les plus accidentées sur la route de Saint-Etienne, de Sisteron ou encore de Saint-Raphaël. A son époque, l’Irlandais Sean Kelly était passé maître dans cet exercice au point de remporter l’épreuve sept fois de suite, entre 1982 et 1988.

L’Allemand Andreas Kloeden, révélé par sa victoire surprise de l’année passée, est de retour dans le peloton de départ mais sans trop d’ambitions à cause de récents problèmes de santé. En revanche, son rival malheureux, le Français Laurent Brochard, battu de 7 secondes en 2000, et le Kazakh Alexandre Vinokourov, coéquipier de Kloeden, visent manifestement plus haut, si l’on se fie aux dernières courses.

La tendance du moment plaide aussi pour les spécialistes des classiques venus tôt en forme. La plupart songent aux rendez-vous ultérieurs, à l’exemple du Belge Andrei Tchmil, qui affiche une patience de joueur de poker et utilise les huit jours de Paris-Nice pour affiner sa préparation. L’Estonien Jaan Kirsipuu, lui, se réserve pour les sprints massifs prévisibles de la semaine (Clermont-Ferrand peut-être, Villeneuve-lez-Avignon et Nice plus sûrement). Mais l’Italien Michele Bartoli, vainqueur du Het Volk samedi dernier, et le Belge Peter Van Petegem, le plus rapide à l’arrivée de Kuurne-Bruxelles-Kuurne le lendemain, présentent un éventail sensiblement plus large d’aptitudes. De là à viser le podium...

Dans un autre registre, les noms des Français Didier Rous, des Espagnols Francisco Mancebo et Alberto Martinez, de l’Américain Bobby Julich, reviennent régulièrement dans la liste des candidats au maillot blanc de leader. Tout comme celui du Suisse Alex Zuelle, qui veut renouer avec sa réussite passée (1er de Paris-Nice en 1993) dans une formation encore en quête d’invitation pour le Tour de France.

Pour d’autres chefs de file annoncés (Casero, Beloki), la course au soleil lance à peine la saison qui se prolongera jusqu’en octobre. Mais le cyclisme français est impatient. Il souhaite surtout que les jeunes accélèrent le mouvement, procèdent à l’oxygénation d’un sport à l’atmosphère viciée ces dernières années. En cette période électorale, l’ouverture est nécessaire, la surprise bienvenue.

(AGP)