La surprise signée Nico Mattan

A l'image de son équipe Cofidis, resplendissante, notre compatriote Nico Mattan a créé une grande sensation en remportant le prologue de Paris-Nice, disputé dimanche à Nevers. Plus que le deuxième succès de sa carrière, débutée en 1994, c'est l'ampleur des écarts creusés en 6,2 km qui a surpris

A l'image de son équipe Cofidis, resplendissante, notre compatriote Nico Mattan a créé une grande sensation en remportant le prologue de Paris-Nice, disputé dimanche à Nevers.

Plus que le deuxième succès de sa carrière, débutée en 1994, c'est l'ampleur des écarts creusés en 6,2 km qui a surpris.

Il a devancé son équipier David Millar, vainqueur du contre la montre du Futuroscope au Tour de France 2000, de huit secondes, et un autre de ses équipiers, le champion de France de poursuite Philippe Gaumont, de neuf secondes.

Sans doute le Flamand a-t-il bénéficié des meilleures conditions climatiques, la pluie ayant cessé lors de son passage, mais il ne fait pas de doute qu'il était le plus fort.

«Je suis parti à 95%, j'ai gravi la côte de Pisserote à 100% et c'est à cet endroit que j'ai fait la différence, assure-t-il. Cette victoire revient à toute l'équipe Cofidis, notamment à mon directeur sportif qui a su parfaitement me donner les temps de référence à chaque kilomètre.»A bientôt 30 ans, Nico Mattan a rejoint son maître, Frank Vandenbroucke, vainqueur du même prologue en 1998. Les deux hommes ont été toujours étroitement liés, étant passés professionnels la même année.

Fasciné par le talent et la personnalité de VDB, Mattan a toujours accepté d'en être l'équipier, au point de renoncer à sa propre ambition.

«Pour la première fois, nous sommes séparés en 2001, dit-il, puisque Frank a rejoint la Lampre. Je dois avouer que je suis déçu par son comportement, moi qui me suis toujours sacrifié pour lui, allant même jusqu'à ranger la chambre d'un hôtel pour qu'il n'ait pas à le faire. Aujourd'hui, il me téléphone une fois par mois, pas plus.» Nico Mattan a, en tout cas, concrétisé enfin un travail de forcené, lui qui est passé tant et tant de fois près de la victoire.

En 2000, il avait pris la deuxième place du Grand Prix de Plouay derrière Michele Bartoli, une semaine après une 22e place dans le Tour, conquise au courage par une longue échappée dans les Pyrénées.

Un an plus tôt, il ne pensait pas pouvoir revenir dans un peloton quand le suivi médical longitudinal avait décelé une anomalie cardiaque, résolue par un spécialiste texan. «Je suis heureux de cette belle victoire, assure celui qui n'hésite pas à safficher avec son ami Bernard Sainz, autrement dit le Docteur Mabuse. Je ne crois pas, toutefois, que je puisse remporter Paris-Nice, je n'ai pas l'âme d'un leader.» (AFP)

© La Libre Belgique 2001